Un nouveau rapport décevant sur l’emploi modérera l’empressement de la Banque du Canada à hausser le taux d’intérêt.
La faiblesse du rapport sur l’emploi en septembre fera réfléchir la Banque du Canada avant qu’elle hausse les taux
L’emploi a baissé en septembre, prolongeant une série de rapports peu reluisants le marché du travail. Le Canada a perdu 68 300 emplois, ce qui efface tous les gains de l’année alors que se poursuivent la guerre commerciale avec les États-Unis et la guerre en Iran. Le taux d’emploi a reculé pour une deuxième fois de suite, de 0,2 points de pourcentage, à 60,6 %. La perte d’emplois se répartit à peu près également entre le travail à temps plein (−35 000; −0,2 %) et à temps partiel (−33 000; 0,9 %).
La baisse de l’emploi s’est concentrée chez les jeunes de 15 à 24 ans (−48 000; −1,8 %) et chez les femmes de 25 à 54 ans (−28 000; −0,4 %). L’emploi dans le secteur public a diminué de 70 000. C’est la quatrième baisse mensuelle consécutive pour le secteur. Par rapport à un an plus tôt, le nombre d’employés du secteur public était en baisse de 119 000 (−2,6 %), et la majeure partie de la diminution était attribuable à l’emploi dans les services d’enseignement.
Le nombre d’employés du secteur privé a peu varié pour un deuxième mois consécutif en septembre, mais il est en hausse de 163 000 (+1,2 %) par rapport à 12 mois plus tôt.
Le nombre de travailleurs autonomes a diminué légèrement en septembre (−23 000; −0,8 %). Cette baisse fait suite à la tendance à la hausse observée d’avril à juillet. Par rapport à un an plus tôt, le travail autonome était en hausse de 51 000 (+1,9 %).
Le taux de chômage a progressé de 0,1 point de pourcentage pour s’établir à 6,5 % en septembre. Plus tôt dans l’année, il a atteint un sommet récent de 6,9 % en avril, avant de diminuer pour s’établir à 6,4 % en juillet et en août. Le taux de chômage en septembre était identique à celui observé au début de l’année (6,5 % en janvier).
Le taux de mises à pied s’est établi à 0,7 %, ce qui est semblable au taux observé un an plus tôt (0,6 %) et à la moyenne au cours de la période de 2017 à 2019 (0,6 %) (données non désaisonnalisées).
Le taux d’obtention d’un emploi s’est établi à 30,6 % en septembre, en baisse par rapport au taux de 32,8 % observé 12 mois plus tôt et à la moyenne de 36,5 % au cours de la période de 2017 à 2019.
Le taux d’activité a diminué de 0,2 point de pourcentage en septembre, à 64,8 %. Il s’agit du plus faible niveau depuis décembre 1997 (lorsqu’il était aussi à 64,8 %), à l’exception de l’année 2020, pendant la pandémie de COVID-19. Par rapport à un an plus tôt, le taux d’activité était en baisse de 0,4 point de pourcentage en septembre 2026, en grande partie en raison du vieillissement de la population.
En septembre 2026, les personnes de 65 ans et plus représentaient 23,2 % de la population en âge de travailler dans l’Enquête sur la population active, en hausse par rapport à 20,5 % en septembre 2019. À titre de comparaison, cette proportion s’établissait à 14,8 % au tournant du millénaire. La tendance à la hausse a été interrompue brièvement en 2023 et en 2024, de fortes hausses de l’immigration permanente et temporaire ayant contrebalancé le vieillissement de la population. Toutefois, en 2025 et en 2026, la tendance vers le vieillissement de la population a repris.
Selon les secteurs, le nombre de personnes en emploi diminue dans l’enseignement, dans les soins de santé et l’assistance sociale ainsi que dans la fabrication. Selon les régions, l’emploi a baissé au Québec et en Colombie-Britannique, tandis qu’il a continué de grimper en Alberta avec son économie fortement axée sur l’énergie. Le taux de chômage en Alberta s’est établi à 6,4 % en septembre, en baisse tant par rapport au mois précédent (−0,4 point de pourcentage) que par rapport à un an plus tôt (−1,3 point de pourcentage).
Parmi les trois plus grandes régions métropolitaines de recensement, le taux de chômage a augmenté de 0,7 point de pourcentage, à 6,6 %, à Montréal. Il avait baissé d’à peu près autant le mois précédent. À Vancouver, le taux de chômage a reculé de 0,6 point de pourcentage, à 6,0 %. À Toronto, le taux de chômage n’a guère changé, à 6,7 %. Il est toutefois en baisse par rapport au sommet récent de 9,0 %, en juillet 2025.
Les pertes d’emploi du mois dernier sont largement attribuables au secteur public, mais l’effet cumulatif depuis le début de l’année reflète une morosité sur le marché du travail. L’emploi au Canada a reculé de 41 200 depuis décembre 2025. C’est la plus forte baisse pour cette période de l’année depuis la crise financière de 2009, exclusion faite de 2020 pendant la pandémie de COVID-19.
Les données de septembre donnent un avant-goût des répercussions pour l’économie canadienne des tarifs douaniers américains au titre de l’article 338. Les nouveaux tarifs de 50 % sur 20 milliards de dollars de biens canadiens sont entrés en vigueur le 22 août, après la rupture des négociations entre les deux pays. Les tarifs de représailles sur les biens américains sont entrés en vigueur le 8 septembre. Les pertes d’emploi en août et septembre s’élèvent à 110 000.
L’escalade de la guerre commerciale pèsera sûrement sur l’économie, mais la Banque du Canada a attaché plus d’importance aux risques d’inflation alors que la guerre en Iran continue de faire grimper les prix de l’énergie.
En somme
La Banque du Canada évitera sans doute toute hausse de taux lors de sa réunion du 28 octobre, surtout si les données sur l’inflation qui seront publiées le 19 octobre n’apportent pas de mauvaise surprise. La Banque du Canada publiera aussi ses enquêtes sur les perspectives des entreprises et les attentes des consommateurs le même jour, précisant ses attentes quant à l’inflation.