Publié par Sherry Cooper
L’inflation au Canada grimpe à 2,4 % alors que la guerre provoque un choc des prix pétroliers.
L’inflation annuelle au Canada grimpe à 2,4 % par suite du choc des prix pétroliers
L’inflation globale au Canada a grimpé, comme prévu du fait de la guerre en Iran et du choc des prix pétroliers en découlant. Le taux d’inflation a atteint 2,4 % en mars, contre 1,8 % en février, égalant le sommet précédent de l’année écoulée. Il reste toutefois sous les 2,5 % que prévoyait le marché. La montée reflète l’effet initial de la guerre au Moyen-Orient sur les prix canadiens à la consommation. Les perturbations dans l’expédition de pétrole du golfe Persique ont entraîné des pénuries à l’échelle mondiale. Pour les consommateurs, l’inflation des prix de l’énergie est passée à 3,9 %, au lieu de la baisse de 9,3 % du mois précédent. Voilà qui a suffi à porter l’inflation des transports à 3,7 % (contre −0,8 % en février). Ensuite, les prix ont encore grimpé pour le logement (1,7 %, contre 1,5 %) ainsi que pour les loisirs et l’éducation (2,6 %, contre 0,5 %). En même temps, l’effet de l’année de référence découlant du rétablissement de la TPS/TVH a continué d’influencer l’inflation des prix alimentaires, qui est tombée à 4 %, contre 5,4 % en février. L’IPC a gagné 0,9 % par rapport au mois précédent, du fait du bond de 21,2 % des prix de l’essence. Sans l’essence, l’IPC s’est accru à un rythme plus lent d’une année à l’autre en mars (+2,2 %) par rapport à février (+2,4 %). L’IPC a progressé de 0,9 % d’un mois à l’autre en mars. Sur une base mensuelle désaisonnalisée, l’IPC a augmenté de 0,5 %.
La hausse des prix de l’énergie gonfle l’inflation
Les prix de l’énergie ont augmenté de 3,9 % d’une année à l’autre en mars, après avoir reculé de 9,3 % en février. Sur une base mensuelle, les prix de l’énergie ont progressé de 13,1 % en mars.
La hausse des prix de l’essence a été le principal facteur à l’origine de l’accélération de la croissance de l’IPC d’une année à l’autre, les prix de l’essence ayant augmenté de 5,9 % en mars par rapport au même mois de l’année précédente. Sur une base mensuelle, les prix ont grimpé de 21,2 %. Il s’agit de la plus forte hausse mensuelle des prix de l’essence jamais enregistrée, et elle est attribuable au choc d’offre découlant du conflit au Moyen-Orient. Cet effet mensuel a toutefois été modéré sur une base annuelle, en raison de la comparaison avec les prix relevés en mars 2025, qui incluaient la tarification du carbone maintenant supprimée. L’élimination de la tarification du carbone n’aura plus d’incidence sur la variation annuelle à compter d’avril 2026, ce dont tiendront compte les données sur l’IPC le mois prochain.
La hausse des prix de l’énergie a été modérée par la baisse des prix du gaz naturel (−18,1 %), qui dépendent en grande partie de l’approvisionnement nord-américain et qui sont ainsi moins touchés par les variations de prix mondiales.
Les prix des aliments achetés en magasin ont progressé de 4,4 % d’une année à l’autre en mars, après avoir augmenté de 4,1 % en février.
Après s’être accrus de 0,5 % en février, les prix des légumes frais ont progressé de 7,8 % d’une année à l’autre en mars, ce qui représente la hausse la plus marquée depuis août 2023 (+8,7 %). Les prix des concombres, des poivrons et du céleri ont tous affiché une croissance notable en mars, en partie attribuable au resserrement de l’offre dû à de mauvaises conditions de croissance dans les pays producteurs.
Les mesures de l’inflation fondamentale sont aussi inférieures aux attentes, l’inflation fondamentale étant à 2,0 %, et l’IPC moyen tronqué, à 2,2 %. C’est le niveau le plus bas depuis cinq ans, dans un contexte où les reventes de logements sont faibles, et les augmentations des loyers sont plus modestes.
En somme
L’affaiblissement des tendances inflationnistes était une bonne nouvelle le mois passé, avant les ravages de la guerre en Iran et le choc des prix pétroliers. L’effet de l’année de référence faisant baisser l’inflation actuelle se verra encore dans les données de mars sur l’IPC. Les répercussions de la flambée des prix de l’énergie et d’autres produits de base sur l’inflation globale de ce mois en sont atténuées.
La Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine resteront en retrait lors de leur prochaine annonce, le 29 avril, sachant qu’en cas de fin relativement rapide de la guerre en Iran, l’inflation ne serait guère affectée. Le président Trump a demandé aux pays de l’OTAN d’envoyer des navires de guerre au Moyen-Orient pour aider à ouvrir le détroit d’Ormuz. Plus vite la guerre prendra fin, plus vite le choc des prix pétroliers se dissipera. Compte tenu de l’incertitude, les banques centrales feront bien de conserver leurs munitions cette fois-ci, surtout que les marchés du travail des deux pays ont considérablement faibli.