Publié par Sherry Cooper
L’inflation annuelle canadienne a ralenti, à 1,8 % en février contre 2,3 % en janvier..
L’inflation au Canada baisse plus que prévu, à 1,8 % en février
Le taux d’inflation au Canada a baissé plus que prévu le mois passé, avant le choc pétrolier entraîné par la guerre en Iran. Lundi, Statistique Canada rapportait que le taux d’inflation annuel a baissé à 1,8 % en février contre 2,3 % en janvier.
Justin Trudeau avait introduit un congé temporaire de TPS/TVH sur une série de biens en janvier 2025. Le congé avait expiré à la mi-février 2025. Les prix avaient donc grimpé en février 2025, ce qui réduit l’inflation de l’IPC constatée aujourd’hui. Le congé de taxe de 2025 avait initialement fait grimper l’inflation globale constatée en 2026 en raison de l’effet de l’année de référence. Maintenant, la fin du congé de taxe produit l’effet inverse, faisant baisser l’inflation en février 2026. Ce sera sans doute encore le cas en mars. Il s’agit d’une très bonne nouvelle pour les marchés, surtout si la guerre en Iran parvient assez rapidement à une conclusion.
Les mesures de l’inflation fondamentale ont aussi baissé plus que prévu en février. L’indice des prix à la consommation excluant l’alimentation et l’énergie a augmenté de 2 %, alors que les mesures tronquée et médiane que surveille la banque centrale ont toutes deux baissé, à 2,3 %.
Les prix du logement ont continué de ralentir le mois passé. Ils étaient à seulement 1,5 % de plus qu’il y a un an, ce qui est la plus faible augmentation en cinq ans. Les reventes de logements sont faibles, et les augmentations des loyers sont plus modestes.
Les prix des aliments – grande source de préoccupation des consommateurs canadiens – ont aussi grimpé moins vite. L’inflation annuelle des aliments achetés en magasin était à 4,1 % en février, contre 4,8 % en janvier. En particulier, l’augmentation des prix du bœuf – congelé ou frais – a ralenti.
Il reste que les prix des épiceries ont augmenté en tout de 30,1 % depuis cinq ans.
Par ailleurs, une décélération annuelle plus modeste des prix de l’essence a contribué à une modération du ralentissement de l’inflation globale en février. Les prix à la pompe étaient en baisse de 14,2 %, contre 16,7 % en janvier.
D’un mois à l’autre, les prix de l’essence étaient en hausse de 3,6 %, en bonne partie du fait des prix pétroliers majorés en anticipation des effets du conflit au Moyen-Orient et de perturbations de l’approvisionnement pour certains pays producteurs, selon Statistique Canada. Une hausse des prix pétroliers attribuable au conflit en Iran apparaîtra sans doute dans les données du mois prochain sur l’IPC.
En somme
L’affaiblissement des tendances inflationnistes était une bonne nouvelle le mois passé, avant les ravages de la guerre en Iran et le choc des prix pétroliers. L’effet de l’année de référence faisant baisser l’inflation actuelle se verra encore dans les données de mars sur l’IPC. Dans les chiffres du mois prochain sur l’inflation globale, les répercussions de la flambée des prix de l’énergie et d’autres produits de base seront ainsi atténuées.
La Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine resteront en retrait mercredi, sachant qu’en cas de fin relativement rapide de la guerre en Iran, l’inflation ne serait guère affectée. Le président Trump a demandé aux pays de l’OTAN d’envoyer des navires de guerre au Moyen-Orient pour aider à ouvrir le détroit d’Ormuz. Plus vite la guerre prendra fin, plus vite le choc des prix pétroliers se dissipera. Compte tenu de l’incertitude, les banques centrales feront bien de conserver leurs munitions cette fois-ci, surtout que les marchés du travail des deux pays ont considérablement faibli.