Publié par Sherry Cooper
Les ventes résidentielles au Canada ont peu changé en mars, le nombre de propriétés nouvellement inscrites a baissé de 0,2 % pour le mois, et les prix ont de nouveau fléchi..
L’activité immobilière reste faible en mars
En mars 2026, les ventes résidentielles enregistrées sur les systèmes MLS® canadiens sont demeurées presque inchangées (−0,1 %) d’un mois à l’autre.
« Les ventes résidentielles se sont maintenues à des niveaux plus bas en mars, a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI. L’incertitude économique mondiale croissante, conjuguée à une hausse en milieu de mois des taux hypothécaires fixes liée à la perspective d’une inflation plus élevée, est venue s’ajouter à un début d’année économique déjà fragile. On s’attend toujours à une légère reprise des ventes et à une stabilisation des prix en 2026, en raison de l’arrivée sur le marché de certains acheteurs d’une première propriété qui avaient reporté leur projet pendant longtemps, mais les prévisions pour l’année ont dû être revues à la baisse. Le moment auquel les taux hypothécaires ont augmenté, ainsi que l’impression qu’il s’agit d’une hausse temporaire, pourrait dissuader les acheteurs potentiels de se lancer pendant la période la plus active de l’année – avril, mai et juin – alors qu’ils attendent que les taux redescendent. »
De toute évidence, la guerre en Iran et le choc inédit des prix pétroliers ont refroidi les ménages et les entreprises, affaiblissant l’activité économique. L’immobilier, très sensible aux taux d’intérêt, est particulièrement touché. Or, les taux d’intérêt ont grimpé depuis le début de la guerre à la fin février, et nul ne sait combien dureront les prix élevés du pétrole. La réouverture du détroit d’Hormuz est incertaine, et il faudra des semaines, sinon des mois, pour que le pétrole revienne aux prix d’avant la guerre.
La guerre arrive au plus mauvais moment, minant la saison printanière de vente de maisons.
Nouvelles inscriptions
En mars 2026, le nombre de nouvelles inscriptions a légèrement reculé, de 0,2 % d’un mois à l’autre. La baisse des ventes mensuelles enregistrée jusqu’à présent en 2026 pourrait s’expliquer en partie par le fait que le nombre de nouvelles inscriptions se situe à son plus bas niveau depuis le milieu de 2024.
Puisque le nombre de nouvelles inscriptions et les ventes ont très peu changé en mars, le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions est resté inchangé, à 47,8 %. La moyenne à long terme de ce ratio est de 54,8 %. On parle normalement d’un marché de l’habitation équilibré lorsque le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions se situe généralement entre 45 et 65 %.
« La situation des taux d’intérêt a récemment changé, donc ce qui pourrait constituer un défi pour un acheteur à la recherche d’un prêt hypothécaire à taux fixe peut, au contraire, être perçu comme une occasion d’avoir plus de choix et moins de concurrence pour celui qui opte pour un taux variable, a expliqué Garry Bhaura, président de l’ACI de 2026-2027. Le printemps est généralement une période bien animée sur le marché immobilier, même si elle ne l’est peut-être pas autant que nous l’avions prévu récemment. »
À la fin de mars 2026, 167 524 propriétés étaient inscrites à la vente dans l’ensemble des systèmes MLS® au Canada, ce qui représente une hausse de seulement 1 % par rapport à la même période l’année dernière, et un résultat de 10,6 % sous la moyenne à long terme pour cette période de l’année. Globalement, le nombre de nouvelles inscriptions est en baisse depuis mai de l’année dernière.
On comptait 5 mois d’inventaire à l’échelle nationale à la fin de mars 2026, comme c’était le cas en janvier et février, ce qui correspond largement à la moyenne à long terme pour cette mesure. Sur la base d’un écart-type au-dessus et au-dessous de cette moyenne à long terme, un marché favorable aux vendeurs serait inférieur à 3,6 mois et un marché favorable aux acheteurs serait supérieur à 6,4 mois.
Prix des maisons
En février, l’Indice des prix des propriétés MLS® (IPP MLS®) global et composé a enregistré une baisse de 0,6 % d’un mois à l’autre, ce qui n’est pas un léger recul, mais plus léger qu’en janvier.
L’IPP MLS® composé national (non désaisonnalisé) a baissé de 4,8 % par rapport à février 2025.
En somme
Face à l’escalade des tensions géopolitiques et à la précarité du cessez-le-feu en Iran, des acheteurs de propriétés reportent leurs décisions. Il reste pourtant une importante demande refoulée, et les prix ont fortement baissé dans plusieurs régions, surtout en Ontario où les tarifs douaniers ont fait le plus mal dans la dernière année et l’offre de condos reste excédentaire. Les problèmes ne se régleront sans doute pas rapidement, de sorte que la faiblesse du marché immobilier continuera de saper l’activité économique globale.
La flambée des prix pétroliers complique encore la situation. Le prix de l’essence est une composante hautement visible des dépenses de consommation. Sa hausse a entraîné des perturbations de l’approvisionnement d’engrais azoté, de plastiques, d’aluminium et d’hélium. La pression haussière sur les prix augmentera sans doute, et les banques centrales s’inquiéteront du risque de stagflation. Lundi prochain, les données de mars sur l’inflation seront publiées. La Banque du Canada continuera probablement de regarder au-delà des pressions à la hausse des prix, espérant que la guerre prendra fin très rapidement.