Publié par Sherry Cooper
Les résultats de l’Enquête sur la population active de mars révèlent une légère hausse de l’emploi, après deux mois de baisse au début de l’année..
Le rapport sur l’emploi au Canada révèle un léger gain net de nouveaux emplois et un taux de chômage stable à 6,7 %.
La confusion concernant un cessez-le-feu fragile persiste alors qu’Israël intensifie ses frappes au Liban. Le détroit d’Hormuz – passage névralgique des cargaisons de pétrole, dont la fermeture a fait flamber les prix pétroliers ces dernières semaines – serait encore bloqué. D’habitude, quelque 130 navires y transitent chaque jour.
La mainmise de Téhéran sur le détroit a étranglé une route d’importance mondiale pour le pétrole et le gaz, ainsi que pour des matières vitales comme l’aluminium, l’hélium, les engrais et des produits pétroliers servant à la fabrication de plastique. Le Canada est richement doté en minéraux bruts et critiques, et il devient un producteur important de gaz naturel liquéfié. Il est aussi un important fournisseur d’engrais et d’aluminium aux États-Unis, bien que ce commerce ait été déstabilisé par les tarifs douaniers du président Trump sur les métaux étrangers.
Une bonne part de la production pétrolière mondiale a été mise hors circuit, ce qui pourrait avoir des implications à long terme, et la perturbation du passage de navires dans le détroit pourrait persister. De nombreux analystes croient qu’il faudra des semaines pour ramener le trafic dans le détroit à des niveaux normaux. Ces perturbations de l’approvisionnement rappellent ce que nous avons vécu avec la COVID.
Les États-Unis se considèrent comme le défenseur du libre passage de navires en eaux internationales partout dans le monde. Si les États-Unis renoncent à ce rôle, les perturbations de l’approvisionnement vont accélérer.
Tel est le contexte dans lequel Statistique Canada a publié aujourd’hui son rapport sur la population active. L’emploi a peu varié en mars (+14 000; +0,1 %), après une baisse cumulative de 108 700 (−0,5 %) au cours des deux premiers mois de 2026. Le nombre de travailleurs à temps plein et le nombre de travailleurs à temps partiel ont peu varié en mars.
Par rapport à un an plus tôt, l’emploi était en hausse de 87 000 (+0,4 %) en mars, ce qui reflète largement les hausses des quatre derniers mois de 2025.
Le taux d’emploi – la proportion de la population âgée de 15 ans et plus qui occupe un emploi – s’est maintenu à 60,6 % en mars, après avoir enregistré une baisse cumulative de 0,3 point de pourcentage en janvier et en février. Le taux d’emploi en mars s’est situé juste au-dessus du récent creux de 60,5 % enregistré en août 2025, et il était en baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport à un an plus tôt.
En mars, le nombre d’employés des secteurs public et privé a peu varié, tout comme le nombre de travailleurs autonomes. Par rapport à un an plus tôt, le nombre d’employés a augmenté à un rythme plus rapide dans le secteur public (+1,2 %) que dans le secteur privé (+0,6 %).
Le taux de chômage s’est maintenu à 6,7 % en mars, après avoir augmenté de 0,2 point de pourcentage en février. Il est inférieur au sommet de 7,1 % enregistré en août et en septembre 2025, et il est presque inchangé par rapport à un an plus tôt. À titre de comparaison, le taux de chômage était en moyenne à 6,0 % de 2017 à 2019, avant la pandémie de COVID‑19.
Chez les personnes qui étaient au chômage en février, 15,2 % ont trouvé du travail en mars. Ce taux est semblable à celui des mêmes mois en 2025 (14,7 %), mais il est inférieur à la moyenne prépandémie de 19,1 % pendant les mêmes mois de 2017 à 2019 (données non désaisonnalisées). Cela indique que les taux de chômage plus élevés par rapport à la période prépandémie continuent d’être principalement attribuables à un ralentissement de l’embauche, plutôt qu’à une hausse des mises à pied.
Le taux d’activité – la proportion de la population âgée de 15 ans et plus qui occupe un emploi ou est à la recherche de travail – s’est maintenu à 64,9 %. Par rapport à un an plus tôt, le taux d’activité était en baisse de 0,4 point de pourcentage.
Les salaires horaires moyens ont connu une montée inattendue. Ils étaient en hausse de 4,7 % sur un an, la plus forte augmentation depuis plus d’un an, contre 3,9 % le mois précédent. L’évolution des salaires peut être volatile, mais la hausse est notable, et la Banque du Canada y sera attentive. Par ailleurs, le total des heures travaillées a gagné 0,2 % d’un mois à l’autre, après le net fléchissement de février. Le total reste en baisse de 0,4 % pour le premier trimestre par rapport à un an plus tôt. Selon le consensus actuel, le PIB connaîtrait une croissance réelle de 1,5 %, qui dépend maintenant d’une amélioration de la croissance de la productivité.
L’emploi a progressé dans le secteur des « autres services » (+15 000; +1,9 %) en mars, ce qui a contrebalancé la baisse d’une ampleur semblable enregistrée en février. L’emploi dans ce secteur, qui comprend les services de réparation et d’entretien, a peu varié comparativement à 12 mois plus tôt.
L’emploi a aussi augmenté dans le secteur des ressources naturelles (+10 000; +3,0 %), et l’Alberta (+4 500; +3,2 %) a fourni près de la moitié de cette hausse. Par rapport à un an plus tôt, l’emploi dans ce secteur a peu varié, tant à l’échelle nationale qu’en Alberta.
L’emploi a diminué dans le secteur de la finance, des assurances, des services immobiliers et des services de location et de location à bail (−11 000; −0,8 %) en mars. Il s’agit de la première baisse mensuelle significative depuis novembre 2023.
Bien que l’emploi dans le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale ait peu varié en mars, il était en hausse de 94 000 (+3,3 %) par rapport à 12 mois plus tôt, ce qui représente la plus forte croissance de l’emploi parmi tous les secteurs de l’économie. Au cours de la même période, la plus importante baisse de l’emploi parmi les secteurs a été enregistrée dans la fabrication (−44 000; −2,4 %).
En somme
Aux États-Unis, les données d’aujourd’hui sur l’inflation en mars montrent la plus forte augmentation en presque quatre ans, la guerre avec l’Iran ayant fait s’envoler les prix pétroliers. Les prix ont grimpé de 0,9 % par rapport à février. Sur un an, l’inflation a atteint 3,3 %, le plus haut taux depuis 2024. Une augmentation record des prix de l’essence explique presque les trois quarts de l’augmentation mensuelle. L’inflation fondamentale a progressé moins vite, soit 0,2 % sur un mois.
Les données mettent en lumière la façon dont la guerre au Moyen-Orient commence à avoir des répercussions dans l’économie mondiale, aggravant les problèmes d’abordabilité des ménages. Les prix à la pompe ont déjà bondi. Selon Bloomberg News, des fournisseurs de services, comme la compagnie aérienne Delta et le service postal américain, ont prévenu qu’il y aura des hausses de prix.
Les données sur l’inflation en mars au Canada seront publiées le lundi 20 avril, avant l’annonce du 29 avril de la Banque du Canada. Elles révéleront assurément une montée des pressions inflationnistes. Cependant, vu l’incertitude géopolitique et la durée inconnue du bouleversement du trafic pétrolier, la Banque du Canada voudra sans doute préserver ses munitions. Il y a un risque réel de stagflation, donc la Banque évitera probablement d’intervenir, de crainte qu’une réaction à la hausse des prix pétroliers que tous espèrent temporaire puisse nuire à la modeste croissance économique.