Publié par Sherry Cooper
La Banque du Canada maintient les taux tels quels le 18 mars, comme prévu.
La Banque du Canada laisse le taux directeur inchangé
Aujourd’hui, la Banque du Canada a de nouveau maintenu le taux directeur à 2,25 %. C’est le minimum de la plage que la Banque considère comme un taux neutre, où la politique monétaire n’induit ni expansion ni contraction de l’économie. Alors que l’inflation reste juste sous les 2 %, avec une inflation fondamentale ramenée à 2,3 %, le Conseil de direction considère que le taux directeur actuel est approprié, tandis que la Banque guette les effets inflationnistes de la guerre en Iran.
L’activité économique a ralenti dans les 19 jours depuis le début de la guerre, qui a causé de vastes perturbations des approvisionnements. « Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, les prix mondiaux du pétrole et du gaz naturel ont monté en flèche, ce qui fera grimper l’inflation mondiale à court terme. Les goulots d’étranglement causés par la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, qui perturbent déjà l’approvisionnement énergétique, pourraient également se répercuter sur d’autres produits de base, comme les engrais. Les conditions financières jusque-là accommodantes se sont quelque peu resserrées. Les rendements obligataires mondiaux ont augmenté, les marchés boursiers ont reculé, et les écarts de crédit se sont creusés. Le taux de change Canada–États-Unis est demeuré relativement stable. »
Le marché du travail reste faible, tant au Canada qu’aux États-Unis. « Les gains d’emplois enregistrés au quatrième trimestre de 2025 ont été en grande partie annulés dans les deux premiers mois de 2026, et le taux de chômage est monté à 6,7 % en février. Si on fait abstraction de la volatilité, les données récentes semblent aussi indiquer que les exportations vont demeurer faibles. Il est trop tôt pour évaluer quelles répercussions le conflit au Moyen-Orient aura sur la croissance au Canada. »
En somme
La Banque du Canada a démontré sa disposition à soutenir l’économie canadienne dans un contexte d’incertitude inédite pour le commerce international. En même temps, le Canada travaille fort pour trouver d’autres partenaires commerciaux. Même l’énorme marché chinois ne peut pas remplacer les États-Unis en termes de proximité et de rentabilité, compte tenu des coûts de transport élevés. La Chine a certes porté ses achats de pétrole canadien à des niveaux records, mais il n’y a aucun marché de la taille de celui des États-Unis pour remplacer les exportations d’acier et d’aluminium. Il reste que la perspective d’une hausse des exportations vers l’Europe et l’Asie aidera à pallier l’effet des tarifs douaniers américains.
La guerre en Iran, qui en est à sa troisième semaine, a causé un énorme choc des prix pétroliers, le détroit d’Ormuz étant pratiquement fermé. Les prix d’autres produits de base ont aussi augmenté fortement, y compris ceux du gaz naturel, de l’aluminium et des engrais. Les consommateurs et les entreprises se serrent la ceinture alors que la durée de la guerre reste incertaine.
Sur le marché du logement, la tendance est à une baisse lente mais persistante de l’activité. Les prix nominaux des maisons ont perdu 20 % depuis leur sommet du deuxième trimestre de 2022. En tenant compte de l’inflation, les prix réels des maisons sont en baisse de 30 %, ce qui présente une belle occasion pour les acheteurs d’une première propriété.
Dans ce contexte, les taux d’intérêt du marché ont augmenté fortement. Le rendement des obligations sur 5 ans semble de nouveau destiné à franchir le seuil de 3 %. Le rendement des obligations de 2 ans, à 2,72 %, dépasse nettement le taux à un jour de 2,25 %, et le dollar canadien est en hausse. Les prêteurs ont récemment haussé les taux hypothécaires fixes, qui seront privilégiés par les emprunteurs s’ils s’attendent à ce que les taux augmentent.
La clé, pour les perspectives, est le maintien de l’ACEUM. Nous vivrons sans doute encore des mois d’incertitude avant de savoir quel sera le sort de l’accord commercial. Entre-temps, le premier ministre Carney continuera d’encourager des accords commerciaux avec des pays au-delà des États-Unis.