Publié par Sherry Cooper
L’activité sur le marché du logement est restée faible en février, reflétant un ralentissement lié à la météo.
L’activité immobilière a de nouveau faibli début février – minée par une tempête hivernale record – avant de remonter à la fin du mois
Selon les données de février publiées aujourd’hui par l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), le marché immobilier a encore ralenti au début du mois, souffrant des effets persistants d’une tempête de neige survenue en janvier. L’activité a repris dans la deuxième moitié du mois, ce qui pourrait annoncer une bonne relance au printemps.
En février 2026, les ventes résidentielles enregistrées sur les systèmes MLS® canadiens ont faibli de 1,3 % d’un mois à l’autre, après la baisse de 5,8 % de janvier.
« Le mois de février se caractérise par une activité toujours aussi modérée qu’en janvier, même si certains signes laissaient entrevoir une légère reprise vers la fin du mois, a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal à l’ACI. En fin de compte, on s’attend toujours à ce que l’année 2026 soit marquée par la demande refoulée des premiers acheteurs, qui verront enfin une occasion d’entrer sur le marché. Ils ont dû attendre longtemps avant que les taux hypothécaires atteignent leur niveau le plus bas, mais certains continueront sans doute de patienter, en espérant un creux des prix dans certains marchés de l’Ontario et de la Colombie-Britannique. »
Nouvelles inscriptions
Les nouvelles inscriptions ont reculé de 3,9 % d’un mois à l’autre en février 2026, annulant la hausse enregistrée en janvier.
Puisque la baisse des nouvelles inscriptions a été plus marquée que la baisse des ventes, le ratio national des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions s’est légèrement resserré pour s’établir à 47,6 % en février, comparativement à 46,4 % en janvier. La moyenne à long terme de ce ratio est de 54,8 %. On parle normalement d’un marché de l’habitation équilibré lorsque le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions se situe entre 45 et 65 %.
« L’activité sur le marché de l’habitation est restée faible en février, en particulier dans la région de l’Ontario, entre Windsor et Toronto, a déclaré Valérie Paquin, présidente de l’ACI. Cela dit, la saison ne bat vraiment son plein qu’à partir du mois d’avril environ, et vous avez donc encore le temps de vous préparer à acheter ou à vendre cette année. »
À la fin de février 2026, 151 850 propriétés étaient inscrites à la vente dans l’ensemble des systèmes MLS® au Canada, ce qui représente une hausse de 3,7 % par rapport à la même période l’année dernière, mais une baisse de 12,3 % par rapport à la moyenne à long terme pour cette période de l’année.
On comptait 5 mois d’inventaire à l’échelle nationale à la fin de février 2026, comme c’était le cas le mois précédent, ce qui correspond largement à la moyenne à long terme pour cette mesure. Cependant, la moyenne nationale masque de grandes différences régionales, aucune province n’atteignant actuellement ce niveau et seule une poignée de marchés locaux s’en approchant. Sur la base d’un écart-type au-dessus et au-dessous de cette moyenne à long terme, un marché favorable aux vendeurs serait inférieur à 3,6 mois et un marché favorable aux acheteurs serait supérieur à 6,4 mois.
Prix des maisons
En février, l’Indice des prix des propriétés MLS® (IPP MLS®) global et composé a enregistré une baisse de 0,6 % d’un mois à l’autre, ce qui n’est pas un léger recul, mais plus léger qu’en janvier.
L’IPP MLS® composé national (non désaisonnalisé) a baissé de 4,8 % par rapport à février 2025.
En somme
Après avoir connu une hausse record des prix immobiliers pendant la pandémie, le Canada subit maintenant la plus grande correction. Les prix des logements ont perdu 18 % par rapport à leur sommet du premier trimestre de 2022, quand la Banque du Canada avait baissé le taux directeur à 25 points de base. Aujourd’hui, le taux directeur est à 2,25 %, après avoir atteint 5,0 % au plus fort du cycle de resserrement. À l’époque, les taux d’intérêt au plus bas avaient fait grimper les prix immobiliers, surtout dans les plus petites villes où les travailleurs à distance avaient afflué pour profiter d’un moindre coût de la vie.
Il y a une importante demande refoulée de la part d’acheteurs potentiels d’une première propriété. Ceux-ci voudront sans doute se décider un fois l’hiver passé. Par ailleurs, nous avons vu cette année un nombre record de refinancements et renouvellements hypothécaires, ce qui augmentera les mensualités et minera le pouvoir d’achat des ménages. L’abordabilité reste un problème pour les acheteurs d’une première propriété. Cependant, les taux hypothécaires et les prix sont considérablement plus bas qu’il y a un an. Une relance de l’activité immobilière est probable à l’approche du marché printanier, même avec la guerre en Iran.
Il reste que le récent choc des prix pétroliers a provoqué une hausse des taux d’intérêt du marché en même temps que de la crainte d’une remontée de l’inflation. Les données de l’IPC publiées hier révélaient que l’inflation avait fortement baissé au Canada avant le début de la guerre. La mesure dans laquelle elle pourrait de nouveau monter dépendra de la longueur de la guerre et du temps qu’il faudra ensuite pour rouvrir le détroit d’Hormuz.