Publié par Sherry Cooper
Les ventes de logements au Canada ont baissé de 5,8 % d’un mois à l’autre en janvier, souffrant d’une tempête hivernale record en Ontario.
L’activité immobilière a de nouveau faibli en janvier, minée par une tempête hivernale record
Selon les données de janvier publiées aujourd’hui par l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), le marché immobilier a été engourdi par des tempêtes hivernales record. Les ventes ont continué de baisser, tout comme les prix, qui n’attirent toutefois pas encore les acheteurs d’une première propriété.
En janvier 2026, les ventes résidentielles enregistrées sur les systèmes MLS® canadiens ont chuté de 5,8 % d’un mois à l’autre.
« La baisse mensuelle des ventes résidentielles nationales est principalement due à un ralentissement des ventes dans les régions du Grand Golden Horseshoe et du sud-ouest de l’Ontario, ce qui suggère que cette diminution est probablement liée davantage à une tempête hivernale historique qu’à une baisse de la demande, a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI. Malgré le début frisquet de l’année, nous continuons à prédire que 2026 sera en fin de compte une année définie par la demande refoulée des premiers acheteurs qui ont enfin l’occasion d’entrer sur le marché. »
Nouvelles inscriptions
Un peu comme ce qui s’est produit en janvier 2025, le nombre de nouvelles inscriptions a augmenté d’un mois à l’autre en janvier 2026, cette fois de 7,3 %, les vendeurs semblant empressés de commencer l’année.
La vague de nouvelles inscriptions est provenue d’environ deux tiers des marchés locaux, en particulier de Montréal, de Québec, de Calgary, du Grand Vancouver et de Victoria. En revanche, le centre et le sud-ouest de l’Ontario ont connu une situation beaucoup moins favorable et, dans de nombreux cas, ont enregistré des baisses. Cette situation renforce l’idée que le climat hivernal a été un facteur déterminant en janvier dans ces régions du pays, puisqu’il semble avoir freiné à la fois la demande et l’offre.
En janvier, la combinaison rare d’une augmentation importante des nouvelles inscriptions et d’un ralentissement prononcé des ventes a fait chuter le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions à 45 %. À la fin de 2025, ce ratio était de 51,3 %. La moyenne à long terme de ce ratio est de 54,8 %. On parle normalement d’un marché de l’habitation équilibré lorsque le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions se situe entre 45 et 65 %.
À la fin de janvier 2026, 140 680 propriétés étaient inscrites à la vente dans l’ensemble des systèmes MLS® au Canada, ce qui représente une hausse de 4,5 % par rapport à la même période l’année dernière, mais une baisse de 11,4 % par rapport à la moyenne à long terme pour cette période de l’année.
On comptait 4,9 mois d’inventaire à l’échelle nationale à la fin de janvier 2026, soit une hausse comparativement au résultat de 4,6 mois enregistré à la fin de décembre. La moyenne à long terme de cette mesure de l’équilibre du marché est d’environ cinq mois. Sur la base d’un écart-type au-dessus et au-dessous de cette moyenne à long terme, un marché favorable aux vendeurs serait inférieur à 3,6 mois et un marché favorable aux acheteurs serait supérieur à 6,4 mois.
En phase avec l’augmentation de l’offre et la diminution de la demande en janvier 2026, l’Indice des prix des propriétés MLS® (IPP MLS®) composé national a enregistré une baisse de 0,9 % d’un mois à l’autre.
L’IPP MLS® composé national (non désaisonnalisé) a baissé de 4,9 % par rapport à janvier 2025.
À l’échelle régionale, les prix demeurent en baisse d’une année à l’autre en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario, ce qui compense les hausses enregistrées dans les autres provinces. Une analyse par ville montre que les baisses les plus importantes d’une année à l’autre, dépassant 10 %, sont enregistrées à Hamilton-Burlington et à Oakville-Milton. En contraste, des gains supérieurs à 10 % sont enregistrés à Sudbury, à Québec, et à St. John’s (Terre-Neuve).
Prix des maisons
À l’échelle régionale, les prix demeurent en baisse d’une année à l’autre en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario, ce qui compense les hausses enregistrées dans les autres provinces. Une analyse par ville montre que les baisses les plus importantes d’une année à l’autre, dépassant 10 %, sont enregistrées à Hamilton-Burlington et à Oakville-Milton. En contraste, des gains supérieurs à 10 % sont enregistrés à Sudbury, à Québec, et à St. John’s (Terre-Neuve).
En somme
Les données d’aujourd’hui bouclent une année où les prix se sont érodés malgré la baisse des taux d’intérêt. La guerre commerciale avec le plus grand partenaire du Canada entraîne une hausse du chômage et une grande incertitude en matière d’emploi. Les tarifs douaniers américains touchent seulement un volume limité de biens canadiens, et l’économie n’est pas tombée en récession, mais l’imprévisibilité de la politique commerciale du président Donald Trump a alimenté un sentiment d’insécurité économique.
Dans certaines régions, la baisse des prix a maintenant effacé une bonne part des gains réalisés par les propriétaires pendant la période de la COVID avec son marché surchauffé, de 2020 à 2022, quand les taux d’intérêt à un jour avaient atteint un creux record de 25 points de base. À l’époque, les taux d’intérêt au plus bas avaient fait grimper les prix immobiliers, surtout dans les plus petites villes où les travailleurs à distance avaient afflué pour profiter d’un moindre coût de la vie.
Il y a une importante demande refoulée de la part d’acheteurs potentiels d’une première propriété. Ceux-ci voudront sans doute se décider un fois l’hiver passé. Par ailleurs, nous avons vu cette année un nombre record de refinancements et renouvellements hypothécaires, ce qui augmentera les mensualités et minera le pouvoir d’achat des ménages. L’abordabilité reste un problème pour les acheteurs d’une première propriété. Cependant, les taux hypothécaires et les prix sont considérablement plus bas qu’il y a un an. Une relance de l’activité immobilière est probable à l’approche du marché printanier.
Comme l’inflation reste calme, la Banque du Canada a la latitude de réduire encore le taux d’intérêt si l’économie faiblit.