Publié par Sherry Cooper
Le rapport sur l’emploi le plus faible depuis janvier 2021.
La faiblesse du rapport sur l’emploi porte le chômage à 6,9 %
L’emploi au Canada a baissé de 17 700 en avril, après le gain de 14 000 du mois précédent. Selon les prévisions du consensus, l’emploi devait augmenter de 15 000. Par rapport à un an plus tôt, l’emploi a progressé de 67 000 (+0,3 %) en avril, mais il a enregistré une baisse nette de 112 000 (−0,5 %) au cours des quatre premiers mois de 2026.
Voilà un deuxième mois consécutif de mouvement limité, après la chute de 84 000 emplois en février. L’emploi à temps plein a baissé de 47 000, tandis que l’emploi à temps partiel a augmenté de 29 000. Les niveaux d’emploi étaient largement inchangés dans le secteur privé et le secteur public ainsi que parmi les travailleurs autonomes.
L’emploi a peu varié parmi les principaux groupes d’âge en avril. Le taux de chômage a augmenté chez les jeunes de 15 à 24 ans, à 14,3 %, et chez les hommes du principal groupe d’âge actif de 25 à 54 ans, à 6,1 %. L’emploi a reculé au Québec, à Terre-Neuve-et-Labrador, en Saskatchewan et au Nouveau-Brunswick, alors que l’Ontario a ajouté 42 000 emplois. Le taux d’emploi a diminué de 0,1 point de pourcentage, à 60,5 %.
En avril, le salaire horaire moyen des employés a augmenté de 4,5 % (+1,64 $, à 37,77 $) par rapport à un an plus tôt, après avoir progressé de 4,7 % en mars (données non désaisonnalisées).
En avril, le taux de chômage a progressé de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 6,9 %, en raison d’une hausse du nombre de personnes à la recherche de travail (+51 000; +3,4 %). Le taux de chômage a augmenté de 0,4 point de pourcentage depuis janvier 2026, mais il est demeuré inférieur au récent sommet de 7,1 % enregistré en août et en septembre 2025. Par rapport à un an plus tôt, le taux de chômage était pratiquement inchangé en avril 2026.
La proportion de chômeurs qui avaient été continuellement à la recherche de travail depuis 27 semaines ou plus – considérés comme étant des chômeurs de longue durée – s’est établie à 22,5 % en avril. Cette proportion a peu varié tant par rapport au mois précédent que par rapport à 12 mois plus tôt. Toutefois, elle est restée nettement supérieure à la moyenne de 17,1 % enregistrée de 2017 à 2019, avant la pandémie de COVID−19.
Parallèlement, le taux mensuel de mise à pied (0,6 %) en avril est demeuré comparable à la moyenne observée avant la pandémie; il n’a pas affiché de croissance récente (données non désaisonnalisées).
Le taux d’activité – la proportion de la population âgée de 15 ans et plus qui occupe un emploi ou est à la recherche de travail – a augmenté de 0,1 point de pourcentage pour atteindre à 65,0 % en avril, en raison d’une hausse de la population active à la recherche de travail. La hausse s’est concentrée chez les personnes du principal groupe d’âge actif, dont le taux d’activité a augmenté de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 88,5 %.
Par rapport à un an plus tôt, le taux d’activité global était en baisse de 0,3 point de pourcentage en avril. Ce recul s’explique surtout par le vieillissement de la population, qui a exercé une pression à la baisse sur l’offre de main-d’œuvre, alors qu’un plus grand nombre de personnes sont parties à la retraite. Chez les personnes du principal groupe d’âge actif, le taux d’activité était en hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport à un an plus tôt, tandis que chez les jeunes de 15 à 24 ans, il avait peu varié.
En avril, les baisses de l’emploi d’un mois à l’autre se sont concentrées dans le secteur de l’information, de la culture et des loisirs (−25 000; −2,8 %), dans le secteur de la construction (−16 000; −1,0 %) et dans le secteur des « autres services » (−13 000; −1,6 %) – qui comprend les services de réparation et d’entretien ainsi que les services de soins personnels.
Parallèlement, l’emploi a augmenté dans le secteur des services aux entreprises, des services relatifs aux bâtiments et des autres services de soutien (+22 000; +3,2 %), dans le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale (+18 000; +0,6 %) et dans le secteur des services d’hébergement et de restauration (+13 000; +1,1 %).
Par rapport à un an plus tôt, l’emploi a peu varié dans la plupart des secteurs en avril, à l’exception notable de celui des soins de santé et de l’assistance sociale, qui a affiché une hausse de 119 000 (+4,1 %) au cours de la période.
La baisse cumulative de l’emploi depuis janvier survient alors que les tarifs douaniers américains continuent de peser sur les entreprises et que la guerre en Iran accroît l’incertitude. Ces deux facteurs détermineront sans doute l’évolution de l’économie canadienne. Avec une hausse de 50 % des prix pétroliers, une destruction de la demande est déjà en cours.
En somme
Aux États-Unis, les données d’aujourd’hui sur l’emploi révèlent le gain le plus important en deux mois depuis 2024.
Les employeurs américains ont ajouté davantage d’emplois que prévu pour un deuxième mois, et le taux de chômage est resté stable en avril. Le marché du travail résiste bien, malgré la hausse des coûts de l’énergie provoquée par la guerre en Iran.
Le nombre de salariés non agricoles a augmenté de 115 000 le mois dernier, après une hausse encore plus grande en mars. L’augmentation sur deux mois est la plus forte depuis 2024, d’après les données de vendredi du Bureau of Labour Statistics. Le taux de chômage est inchangé, à 4,3 %. Les données indiquent que le marché du travail pourrait prendre de l’élan, après une croissance presque nulle l’année passée. L’embauche a progressé dans une variété de secteurs, et d’autres données indiquent que les mises à pied restent faibles.
La faiblesse relative du marché du travail canadien dissuadera la Banque du Canada de resserrer la politique monétaire trop tôt. Assurément, l’inflation continue de menacer. Les prix majorés de l’énergie se répercutent dans le prix d’un éventail de biens et services. La Banque hésitera à réagir en haussant le taux d’intérêt dans ses quelques prochaines annonces.
Les négociations commerciales accéléreront dans les prochains mois, quand le sort de l’ACEUM se jouera. Il est difficile d’imaginer que la Banque du Canada resserrerait sa politique quand le marché du logement est si faible.