Publié par Sherry Cooper
Le Canada gagne 8200 emplois, mais le taux de chômage grimpe à 6,8 %.
La croissance de l’emploi au Canada ralentit nettement en décembre, et le taux de chômage atteint 6,8 %
Les données de décembre de l’Enquête sur la population active publiées aujourd’hui sont plus faibles que prévu. L’emploi a peu varié (+8200; 0,0 %), et le taux d’emploi s’est maintenu à 60,9 %. L’emploi avait augmenté dans chacun des trois mois précédents.
Le taux de chômage a augmenté de 0,3 point de pourcentage pour s’établir à 6,8 %, en raison d’une hausse du nombre de personnes à la recherche de travail. L’augmentation du taux de chômage en décembre a contrebalancé en partie la baisse cumulative de 0,6 point de pourcentage des deux mois précédents. L’emploi a progressé chez les personnes de 55 ans et plus, alors qu’il a diminué chez les jeunes de 15 à 24 ans.
L’emploi à temps plein a augmenté de 50 000 (+0,3 %) en décembre, tandis que l’emploi à temps partiel a diminué de 42 000 (-1,1 %). La baisse de l’emploi à temps partiel observée au cours du mois a contrebalancé en partie la hausse cumulative de 148 000 (+3,9 %) d’octobre et novembre. Pour les 12 mois jusqu’en décembre 2025, l’emploi à temps partiel a affiché un rythme de croissance plus marqué (+2,6 %; +99 000) que l’emploi à temps plein (+0,7 %; +128 000).
En décembre, le nombre d’employés des secteurs privé et public a peu varié, tout comme le nombre de travailleurs autonomes.
Il y avait 1,6 million de chômeurs en décembre, en hausse de 73 000 (+4,9 %) par rapport à novembre.
Le taux d’activité – la proportion de la population âgée de 15 ans et plus qui occupe un emploi ou est à la recherche de travail – a augmenté de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 65,4 %. Par rapport à un an plus tôt, le taux d’activité était inchangé en décembre. Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans a augmenté de 0,5 point de pourcentage pour atteindre 13,3 % en décembre, le nombre de jeunes occupant un emploi ayant diminué (-27 000; -1,0 %). Les conditions du marché du travail s’étaient auparavant améliorées pour les jeunes en octobre et en novembre : l’emploi avait augmenté (+70 000; +2,6 %) et leur taux de chômage avait diminué de 1,9 point de pourcentage au cours de cette période.
En 2025, la politique tarifaire de Donald Trump et son attitude négative envers le Canada ont causé une grande incertitude. L’effet négatif est notable pour les perspectives économiques canadiennes, surtout dans les secteurs qui comptent sur la demande américaine. Le nombre de postes vacants a aussi diminué en 2025.
En somme
La Banque du Canada a rappelé que son mandat premier est la stabilité des prix, ce qui laisse effectivement à la politique budgétaire la tâche de réduire l’écart de production. Il commencera sans doute à devenir évident que l’apport des grands projets d’immobilisations arrive trop lentement pour compenser la faiblesse à court terme de l’activité. Si les mises à pied continuent au rythme actuel et si les États-Unis se retiraient de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, un nouvel effort d’assouplissement monétaire paraîtrait d’autant plus pertinent.
Hormis ce scénario pessimiste, la voie la plus plausible est celle d’une normalisation lente et limitée de la politique. Les prix du marché anticipent actuellement une hausse du taux directeur comme prochaine action de la Banque du Canada, mais elle ne surviendra probablement que vers la fin de l’année, au plus tôt.