Publié par Sherry Cooper
L’activité a accéléré en avril sur le marché canadien de l’habitation.
L’activité sur le marché de l’habitation s’est renforcée au cours du mois d’avril
En avril 2026, les ventes résidentielles enregistrées sur les systèmes MLS® canadiens ont augmenté de 0,7 % d’un mois à l’autre. « Les ventes résidentielles ont légèrement augmenté entre mars et avril, mais cette faible hausse est attribuable à un début de mois plutôt lent, suivi d’une accélération en mai, parallèlement à une réduction du nombre de jours sur le marché et à une stabilisation des prix, a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal de L’Association canadienne de l’immobilier (ACI). Cette nouvelle vague d’incertitude économique mondiale et la hausse des taux hypothécaires signifient que la reprise attendue cette année sur les marchés de l’habitation restera modérée. Il ne faut toutefois pas en conclure qu’il n’y aura aucune tendance à la hausse. » Effectivement, l’activité immobilière semble s’améliorer malgré la guerre en Iran.
Nouvelles inscriptions
En avril 2026, le nombre de nouvelles inscriptions a bondi de 4,1 % d’un mois à l’autre, ce qui marque le début traditionnel du marché printanier.
Puisque l’augmentation des nouvelles inscriptions a dépassé les ventes, le ratio national des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions a diminué à 45,6 % en avril comparativement à 47,1 % en mars. Ce résultat pourrait toutefois être attribuable à un décalage entre le moment où les propriétés sont inscrites et celui où elles finissent par être vendues. La moyenne à long terme de ce ratio est de 54,8 %. On parle normalement d’un marché de l’habitation équilibré lorsque le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions se situe généralement entre 45 et 65 %.
À la fin d’avril 2026, 187 647 propriétés étaient inscrites à la vente dans l’ensemble des systèmes MLS® au Canada, ce qui représente une hausse de 2,2 % par rapport à la même période l’année dernière, mais une baisse de 6,1 % par rapport à la moyenne à long terme pour cette période de l’année.
On comptait 5,2 mois d’inventaire à l’échelle nationale à la fin d’avril 2026, une hausse légère par rapport aux résultats de février et mars, en raison de la vague de nouvelles inscriptions du printemps. Ce chiffre reste très proche de sa moyenne à long terme, soit cinq mois. Sur la base d’un écart-type au-dessus et au-dessous de cette moyenne à long terme, un marché favorable aux vendeurs serait inférieur à 3,6 mois et un marché favorable aux acheteurs serait supérieur à 6,4 mois.
Prix des maisons
En avril, l’Indice des prix des propriétés MLS® (IPP MLS®) composé national a enregistré une baisse de 0,1 % d’un mois à l’autre. Il s’agit de la plus faible baisse depuis octobre 2025. Cette tendance concorde avec le resserrement des rapports prix d’inscription/prix de vente et la baisse du nombre de jours sur le marché observés ces derniers mois. La stabilisation des prix est un facteur important pour encourager les acheteurs à revenir en grand nombre sur le marché.
L’IPP MLS® composé national (non désaisonnalisé) a baissé de 4,2 % par rapport à avril 2025, soit la plus faible baisse d’une année à l’autre jusqu’à présent en 2026.
En somme
Face à l’escalade des tensions géopolitiques et à la précarité du cessez-le-feu en Iran, certains acheteurs de propriétés ont reporté leurs décisions. Il reste une importante demande refoulée, et les prix ont fortement baissé dans plusieurs régions, surtout en Ontario où les tarifs douaniers ont fait le plus mal dans la dernière année et l’offre de condos reste excédentaire. Les problèmes ne se régleront sans doute pas rapidement, de sorte que la faiblesse du marché immobilier continuera de saper l’activité économique globale.
La flambée des prix pétroliers complique encore la situation. Le prix de l’essence est une composante hautement visible des dépenses de consommation. Sa hausse a entraîné des perturbations de l’approvisionnement d’engrais azoté, de plastiques, d’aluminium et d’hélium. La pression haussière sur les prix augmentera sans doute, et les banques centrales s’inquiéteront du risque de stagflation.
Lundi prochain, les données de mars sur l’inflation seront publiées. La Banque du Canada continuera probablement de regarder au-delà des pressions à la hausse des prix, espérant que la guerre prendra fin très rapidement.
Après la publication de données pires que prévu sur l’inflation aux États-Unis, l’IPC d’avril au Canada sera publié le 19 mai. Si celles-ci confirment l’inflation annuelle de 3,8 % aux États-Unis, la Banque du Canada envisagera sérieusement une hausse de 25 points de base du taux d’intérêt, malgré la faiblesse du marché du travail. La Banque est attentive à l’effet négatif de taux d’intérêt plus élevés sur l’activité immobilière déjà faible, ce qui réduit la probabilité d’une hausse de taux sans toutefois qu’on puisse l’exclure. Parmi les économies avancées, les banques centrales ont déjà augmenté les taux au Japon, en Norvège et en Australie. Par contre, la Fed américaine, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et la Banque du Canada ont toutes réduit les taux en 2025, et les ont jusqu’à présent laissés tels quels cette année.
D’après le compte-rendu récemment publié de la dernière réunion de la Banque du Canada, le Conseil de direction avait sérieusement songé hausser le taux à sa réunion du 29 avril. La décision a été serrée, ce qui témoigne du fait que la banque centrale s’inquiète de l’inflation.