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Publié par Sherry Cooper

16 Juin 2026

Les ventes résidentielles nationales ont bondi de 5,5 % d’un mois à l’autre en mai, alors que les nouvelles inscriptions baissaient légèrement et que l’Indice des prix des propriétés perdait 0,1 %..

Le marché immobilier repend de l’élan, annonçant une activité vigoureuse en été

Le marché canadien de l’habitation a pris un bon élan en mai. Les ventes ont connu leur plus forte augmentation mensuelle de l’année, et tout laisse entrevoir une amélioration supplémentaire en juin. Après des mois d’incertitude, le marché semble passer de la stabilisation à la relance. Le moindre coût des emprunts, l’allègement des prix de l’énergie et une amélioration de l’abordabilité commencent à ramener les acheteurs sur le marché.

Selon l’économiste principal de l’ACI Shaun Cathcart, le mois de mai a vu la première augmentation notable des ventes générales en 2026, mais la conjoncture du marché s’améliorait déjà depuis plusieurs mois. Les acheteurs et les vendeurs parviennent de plus en plus à s’entendre sur les prix, comme en témoignent les rapports plus fermes entre prix de vente et prix demandé ainsi qu’un net ralentissement des baisses de prix. Ces développements donnent à croire que la période d’ajustement du marché est essentiellement passée et que les prix des propriétés commencent à trouver un niveau plancher.

La prochaine phase du cycle du marché pourrait maintenant s’ébaucher. La demande refoulée, qui s’accumulait depuis deux ans, commence à trouver un débouché grâce à une meilleure abordabilité et des prix des propriétés plus bas. C’est le cas notamment en Ontario et en Colombie-Britannique, où les corrections des prix ont été les plus prononcées. À mesure que revient la confiance, le tout pourrait mener à une augmentation soutenue des ventes au second semestre de l’année.

Le marché de la maison unifamiliale, où la demande reste forte, est le plus actif. Le secteur des condos, surtout des petites unités destinées aux investisseurs dans les grands centres urbains, continue de souffrir. Les coûts de possession sont élevés, le marché locatif est mou, et l’intérêt des investisseurs est en baisse. Malgré tout, les conditions de financement s’améliorent, et quand l’excès d’offre sera absorbé, le marché du condo devrait graduellement se renforcer.

Tout considéré, les prix stabilisés, les conditions de marché équilibrées et la hausse des ventes indiquent que le marché canadien du logement entame une phase plus saine et plus viable. Il reste des difficultés dans certaines régions et certains segments, mais la tendance nationale montre que le marché retrouve ses marques et prendra de l’élan tout l’été.

Nouvelles inscriptions

Les nouvelles inscriptions ont baissé de 1,0 % en mai, affichant un recul de 7,9 % depuis un an, ce qui a aidé à maintenir l’équilibre du marché national malgré des ventes restant modestes. Globalement, le marché canadien du logement peut être considéré comme étant stable. Les conditions varient toutefois considérablement selon la région et selon le type de propriété.

Il reste des faiblesses notables dans la région du Grand Toronto, le Sud-Ouest ontarien et certaines régions de la Colombie-Britannique, surtout dans le segment des condos. Les plus petits condos pour investisseurs continuent de connaître les plus grandes difficultés. Une bonne part de la demande exceptionnelle pour ces propriétés pendant la pandémie était le fait des investisseurs, mais leur intérêt a considérablement faibli. Les coûts de possession plus élevés, les marchés locatifs plus faibles et la croissance démographique réduite par suite de réductions des cibles d’immigration ont réduit l’attrait des propriétés de placement.

À la fin mai, il y avait un peu plus de 200 000 propriétés à vendre dans l’ensemble des systèmes MLS® canadiens (données non désaisonnalisées). C’était essentiellement comme un an plus tôt, et 2,8 % sous la moyenne à long terme pour cette période de l’année. Il semble donc que l’offre reste relativement bien contenue à l’échelle nationale.

Il y avait 4,8 mois d’inventaire en mai, contre 5,1 mois à chacun des trois mois précédents. Voilà qui est très près de la moyenne à long terme, soit 5 mois, et qui correspond à un marché national équilibré. Historiquement, des niveaux d’inventaire inférieurs à 3,6 mois donnaient des conditions favorables aux vendeurs, et des niveaux supérieurs à 6,4 mois, des conditions favorables aux acheteurs.

La combinaison d’un fléchissement des nouvelles inscriptions, d’un inventaire stable et de moindres baisses de prix donne à croire que le marché canadien parvient graduellement à l’équilibre. Des pressions continuent certes de s’exercer dans certaines régions et certains segments du marché, mais les conditions nationales sont beaucoup plus équilibrées qu’elles ne l’étaient au début du présent cycle.

Prix des maisons

Le marché canadien de l’habitation continue de montrer des signes d’une stabilisation. En mai, l’Indice des prix des propriétés MLS® (IPP MLS®) composé national a enregistré une baisse d’à peine 0,1 % d’un mois à l’autre. Il s’agit de la plus faible baisse mensuelle depuis octobre 2025. Ce mouvement modeste concorde avec une amélioration des facteurs fondamentaux du marché, y compris une plus grande fermeté des rapports entre prix de vente et prix demandé, ainsi qu’une réduction du nombre moyen de jours sur le marché. La stabilisation des prix est un important point tournant, qui pourrait rétablir la confiance des acheteurs après une longue période d’incertitude.

D’une année à l’autre, l’IPP MLS® composé national (non désaisonnalisé) a reculé de 4,2 % par rapport à mai 2025. Bien que ce soit encore une baisse, c’est la plus faible diminution annuelle constatée jusqu’à présent en 2026. La pression baissière paraît donc en voie de s’atténuer graduellement.

Les conditions de l’offre restent aussi équilibrées. À la fin mai, un peu plus de 200 000 propriétés étaient inscrites dans l’ensemble des systèmes MLS® canadiens, un chiffre pratiquement inchangé par rapport à un an plus tôt et inférieur de 2,8 % à la moyenne à long terme pour cette période de l’année.

La combinaison de moindres baisses des prix, d’inscriptions stables et d’inventaires proches des normes historiques permet de croire que les conditions du marché du logement deviennent moins difficiles, tant pour les acheteurs que pour les vendeurs. À mesure que la confiance augmente et que le coût des emprunts continue de baisser, les ventes pourraient encore augmenter au deuxième semestre de l’année.

En somme

Les acheteurs potentiels étaient face à un contexte difficile en mai, avec des prix pétroliers et des taux d’intérêt en hausse. Il semble que les conditions seront plus favorables en juin. La nouvelle de la réouverture prévue du détroit d’Ormuz, la chute des prix du pétrole et l’allègement des rendements obligataires devraient favoriser l’activité immobilière. Si un accord plus vaste est conclu entre les États-Unis et l’Iran dans les prochaines semaines, les prix pétroliers pourraient encore baisser, ce qui réduira les craintes d’inflation et éliminera une importante entrave aux ventes immobilières.

La Banque du Canada prendra sa prochaine décision sur sa politique le 15 juillet. D’ici là, il y aura plusieurs rapports économiques importants, y compris sur l’Indice des prix à la consommation (IPC) et sur la population active. Si les tensions géopolitiques continuent de s’apaiser et les marchés de l’énergie se stabilisent, la Banque continuera sans doute de faire abstraction des pressions temporaires sur les prix et évitera de réagir à des fluctuations transitoires de l’inflation.

Le risque principal continue d’être l’inflation. Les données récentes ont révélé une inflation plus forte que prévu aux États-Unis, faisant craindre que les pressions haussières pourraient être plus persistantes que prévu. Si les prochaines données sur l’IPC au Canada révèlent une accélération semblable, la Banque du Canada devrait se demander si sa politique actuelle est suffisamment restrictive. Une faiblesse du marché du travail et de l’activité immobilière pourrait justifier un plus grand resserrement de la politique, et la Banque pourrait l’envisager, mais y renoncerait sans doute.

À l’échelle mondiale, les banques centrales restent divisées. Au Japon, en Norvège et en Australie, elles ont récemment haussé les taux d’intérêt. La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et la Banque du Canada ont toutes réduit les taux d’intérêt en 2025, et les ont laissé tels quels jusqu’à présent cette année.

Le compte rendu de la réunion du 29 avril de la Banque du Canada met en évidence l’inquiétude du Conseil de direction au sujet de l’inflation. Les décideurs ont sérieusement envisagé la possibilité d’une hausse de taux, avant de finir par y renoncer. Le fait que cette décision était proche montre bien que la Banque continue d’exercer une vigilance et que l’évolution de l’inflation restera un des principaux facteurs de la politique monétaire dans les mois à venir. L’autre facteur est l’évolution de l’économie, dont la faiblesse fera probablement que la banque centrale maintiendra le statu quo le reste de l’année.

À noter : La source de cet article provient de SherryCooper.com/category/articles/

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Catégories: Perspectives économiques

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