Publié par Sherry Cooper
Un rapport sur l’emploi étonnamment fort confirme la résilience de l’économie.
Fi des soucis de récession, les données de juillet sur l’emploi au Canada sont formidables
Les gains étonnants de l’emploi réalisés en juillet confirment que l’économie récupère après sa faiblesse du T4 2025 au T1 2026. Voilà qui concorde avec les données du PIB en juillet indiquant une croissance de 3,8 % au deuxième trimestre, après le fléchissement de 1,0 % du T1.
L’emploi au Canada a défié les pessimistes en bondissant de 75 100 en juillet. La hausse est répartie presque également entre travail à temps plein et à temps partiel. Le travail autonome (+44 000) représente près de la moitié de la progression. Les emplois dans le secteur privé ont augmenté de 57 900. En revanche, le secteur public a perdu 27 000 emplois (fait rare, faisant écho à la chute constatée aux États-Unis en juillet). Le nombre total d’heures travaillées a grimpé de 0,6 % d’un mois à l’autre en juillet.
L’emploi a augmenté de 181 100 entre mai et juillet, la plus forte hausse sur une période de trois mois depuis que le président américain Donald Trump a commencé à imposer des tarifs douaniers sur les biens canadiens l’année passée.
Le taux d’emploi a gagné 0,1 point de pourcentage, atteignant 60,9 % en juillet. Il est en hausse de 0,2 point de pourcentage par rapport à 12 mois plus tôt.
Le rapport d’aujourd’hui indique le troisième recul mensuel consécutif du taux de chômage, qui a diminué de 0,5 point de pourcentage depuis avril. Le taux était également en baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport à un an plus tôt en juillet.
Une proportion plus élevée de personnes à la recherche d’un emploi a trouvé du travail par rapport à l’année précédente. Le taux d’obtention d’un emploi s’établit à 20,8 %. Ce taux est en hausse par rapport à celui de 18,5 % enregistré pour la même période un an plus tôt, mais il est inférieur à la moyenne de 26,6 % observée pour la même période de 2017 à 2019, avant la pandémie de COVID−19 (données non désaisonnalisées). La population canadienne n’a guère augmenté dans la dernière année vu le resserrement de la politique sur l’immigration, ce qui facilite la tâche des chômeurs pour trouver un emploi.
Le commerce de gros et de détail (+21 000; +0,7 %) a affiché la plus forte hausse de l’emploi parmi l’ensemble des secteurs en juillet. Malgré l’augmentation mensuelle, l’emploi dans ce secteur était en baisse de 50 000 (−1,7 %) par rapport à 12 mois plus tôt, ce qui rend compte en grande partie de la tendance à la baisse observée de janvier à mai 2026.
L’emploi a également progressé en juillet dans la finance, les assurances, les services immobiliers et les services de location et de location à bail (+18 000; +1,2 %), dans les services professionnels, scientifiques et techniques (+17 000; +0,8 %) ainsi que dans la construction (+16 000; +1,0 %). Malgré les hausses mensuelles enregistrées, l’emploi dans ces secteurs a peu varié par rapport à un an plus tôt.
Les provinces ont enregistré des résultats variés. L’emploi a progressé le plus en Ontario (52 000 emplois), en Colombie-Britannique (18 000), au Manitoba (5900) et en Nouvelle-Écosse (4600). L’Alberta et le Québec ont vu peu de changement, mais l’emploi a fortement augmenté et le chômage a baissé en Alberta depuis juillet 2025.
Le taux de chômage a de nouveau fléchi, passant à 6,4 %, contre 6,5 % en juin. Il est maintenant à son plus bas niveau en deux ans, après son récent sommet de 7,1 % en septembre. Le taux de chômage a baissé d’un demi-point de pourcentage depuis le printemps. La Banque du Canada y verra le signe d’un nouveau resserrement du marché de l’emploi.
Parmi les trois plus grandes régions métropolitaines de recensement, le taux de chômage a augmenté de 0,7 point de pourcentage pour atteindre 6,6 % à Montréal, ce qui a contrebalancé la baisse d’une ampleur semblable enregistrée au cours du mois précédent. À Vancouver, le taux de chômage a diminué de 0,6 point de pourcentage pour s’établir à 6,0 % en juillet. Le taux de chômage a peu varié à Toronto (6,7 %), mais il était en baisse par rapport au récent sommet de 9,0 % observé en juillet 2025.
Tout au contraire de la situation au Canada, les dernières données sur le travail non agricole aux États-Unis sont bien plus faibles que prévu. Contre toute attente, les employeurs américains ont éliminé des emplois en juillet. En outre, les données des deux derniers mois sur l’embauche ont été révisées à la baisse. Le marché du travail aux États-Unis serait donc plus faible que ne le donnait à croire l’étonnante vigueur rapportée au début de l’année.
Le nombre de salariés non agricoles a baissé de 23 000 le mois dernier, et les données de mai et juin ont été ajustées à la baisse de 103 000, selon les données de vendredi du Bureau of Labour Statistics. Le taux de chômage a baissé, à 4,1 %, parce que le taux de participation au marché a continué de fléchir. La croissance des salaires a aussi ralenti.
D’après Bloomberg, le marché américain du travail commence peut-être à chanceler dans un contexte de hausse des prix et d’incertitude liée à la guerre en Iran, et ce, malgré des données récentes indiquant de la vigueur dans les dépenses de consommation et les investissements des entreprises. Les données pourraient aussi inciter la Réserve fédérale à retarder toute augmentation de taux d’intérêt, les décideurs soupesant les perspectives d’inflation par rapport aux risques pour l’emploi.
En somme
L’emploi a augmenté de 181 100 entre mai et juillet au Canada, la plus forte hausse sur une période de trois mois depuis que le président américain Donald Trump a commencé à imposer des tarifs douaniers sur les biens canadiens l’année passée. Les données éclatantes sur l’emploi au Canada, dans le contexte du risque d’inflation par suite des tarifs douaniers élevés et de la guerre en Iran qui bloque le détroit d’Ormuz, perturbent le marché aussi bien des actions que des obligations.
L’économie semble continuer de se stabiliser, mais il reste de l’incertitude pour le commerce international. Le président américain Donald Trump a menacé d’imposer une nouvelle série de tarifs de 50 % sur divers biens canadiens à partir du 19 août.
Jeudi, des représentants canadiens ont rencontré le représentant au commerce des États-Unis, Jamieson Greer, pour tenter de trouver une entente avant l’échéance du président Trump.
Tant que la croissance des salaires continue de ralentir et que les prix de l’énergie sont plus modérés, la Banque du Canada n’adoptera sans doute pas encore une attitude plus incisive. Cependant, un renforcement persistant de la conjoncture économique pourrait l’y amener.