Publié par Sherry Cooper
La croissance du PIB au T1 est révisée à la hausse, de −0,1 % à 0,3 %, alors que c’est 3,3 % au T2 grâce à la vigueur des exportations et des investissements des entreprises..
L’économie du Canada progresse de 3,3 % au T2, et les données révisées du T1 passent au positif
Statistique Canada a rapporté aujourd’hui que l’économie canadienne a connu une croissance remarquable de 3,3 % au deuxième trimestre. Elle avait progressé de 0,3 % au T1, selon les données révisées à la hausse notamment pour les exportations, en particulier de minéraux non métalliques et de produits énergétiques. Voilà qui efface les deux trimestres de croissance négative qui avaient fait craindre une récession. Une forte augmentation des exportations, des dépenses des ménages et des dépenses en immobilisations des entreprises ont stimulé la croissance au T2. On peut y voir le résultat des efforts déployés pour élargir nos relations commerciales au-delà des États-Unis. Les exportations ont bondi, et notre balance commerciale est devenue positive pour les quatre derniers mois. Les exportations canadiennes de pétrole en Chine et en Corée sont un exemple du succès obtenu dans la stimulation du commerce. Les entreprises investissent de plus en plus dans des immobilisations liées à l’IA.
Le PIB réel par habitant a augmenté de 1,0 % au deuxième trimestre de 2026, la population canadienne ayant diminué pour un troisième trimestre consécutif.
Les exportations se sont accrues de 3,6 % au deuxième trimestre de 2026. Il s’agit de l’augmentation la plus marquée depuis le premier trimestre de 2023. La progression des exportations au deuxième trimestre de 2026 est principalement attribuable à la croissance des exportations de voitures automobiles et de camions légers (+27,0 %), qui a coïncidé avec la reprise de la production de véhicules automobiles au Canada après deux trimestres consécutifs de baisses. La hausse des exportations de produits intermédiaires en métal, de produits énergétiques et de machines et matériel industriels a également stimulé la croissance des volumes d’exportation totaux au deuxième trimestre.
Les importations ont progressé de 0,3 % au deuxième trimestre de 2026, après avoir augmenté de 3,1 % au trimestre précédent. La croissance des importations de pneus, de moteurs et de pièces de véhicules automobiles a contribué le plus à l’augmentation globale, suivie de celles des produits chimiques de base et des ordinateurs et périphériques. Ces hausses ont été contrebalancées en partie par le recul des importations de produits intermédiaires en métal, principalement l’or sous forme brute.
L’investissement résidentiel s’est redressé au deuxième trimestre de 2026, ayant progressé de 2,5 % après avoir reculé pendant deux trimestres consécutifs. Toutes les composantes de l’investissement résidentiel ont affiché une hausse au deuxième trimestre, et ce sont les coûts de transfert de propriété – lesquels sont représentatifs de l’activité de revente – qui ont enregistré la plus forte croissance, plus particulièrement en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique. Les nouvelles constructions ont progressé de 0,8 % au deuxième trimestre, principalement sous l’effet de travaux de mise en place pour des appartements en Colombie-Britannique.
Les investissements des entreprises augmentent sous l’effet de la hausse des dépenses en machines et matériel et en ouvrages de génie
Au deuxième trimestre de 2026, les dépenses en immobilisations des entreprises ont affiché une augmentation, les ouvrages de génie ayant enregistré une hausse de 2,3 % après deux trimestres de reculs. Les investissements des entreprises ont également été stimulés par les dépenses en machines et matériel, qui ont augmenté au deuxième trimestre pour atteindre leur plus haut sommet depuis le deuxième trimestre de 2024. Les investissements en ordinateurs et périphériques ont augmenté de 16,7 % au deuxième trimestre de 2026, et cette augmentation découle surtout de la hausse des importations d’unités de traitement, notamment celles utilisées dans les centres de données. Les entreprises ont également augmenté leurs investissements en camions de poids moyen et de gros tonnage ainsi qu’en communications et équipement audio et vidéo.
La croissance de la demande de services entraîne une hausse des dépenses des ménages
Les dépenses de consommation finale des ménages se sont accrues de 0,8 % au deuxième trimestre de 2026, principalement sous l’effet de l’augmentation des dépenses au chapitre des fonds communs de placement et autres services d’investissement, des véhicules automobiles et des loyers. Parallèlement, les ménages ont réduit leurs achats d’essence et d’aliments au deuxième trimestre, possiblement en réponse à la hausse des prix. Les dépenses des ménages par habitant ont progressé de 1,0 % au deuxième trimestre.
Le déflateur du produit intérieur brut affiche sa plus forte hausse en quatre ans sous l’effet de l’augmentation des prix des exportations
Le déflateur du PIB a progressé de 2,5 % au deuxième trimestre de 2026, ce qui représente la croissance la plus prononcée depuis le deuxième trimestre de 2022. La hausse du déflateur est principalement attribuable aux prix des exportations, qui ont augmenté de 6,5 % au deuxième trimestre de 2026, à la suite de la forte progression des prix du pétrole à l’échelle internationale. Parallèlement, les prix des importations se sont accrus de 3,2 %, ce qui a fait en sorte que les termes de l’échange, qui représentent l’écart entre les prix des biens et des services exportés et les prix des biens et des services importés, ont augmenté de 3,3 %.
La rémunération des salariés augmente
La rémunération des salariés s’est accrue de 1,5 % au deuxième trimestre de 2026, principalement sous l’effet de la hausse des salaires dans la finance, dans les services immobiliers et la gestion d’entreprises ainsi que dans le commerce. Les salaires ont reculé dans le transport et l’entreposage et dans l’industrie de l’information et l’industrie culturelle.
La rémunération des employés a progressé dans l’ensemble des provinces et des territoires au deuxième trimestre de 2026. Les augmentations vont de 0,5 % à Terre-Neuve-et-Labrador à 2,5 % au Nouveau-Brunswick.
La hausse des prix de l’énergie fait fortement augmenter les revenus des sociétés
Les revenus des sociétés ont affiché une hausse de 9,6 % au deuxième trimestre de 2026. Il s’agit de la plus forte hausse depuis le premier trimestre de 2021. C’est le secteur de l’énergie qui a contribué le plus à l’augmentation de l’excédent des sociétés au deuxième trimestre de 2026. Parallèlement, les industries de la fabrication, qui dépendent grandement des intrants énergétiques, ont enregistré un plus faible excédent d’exploitation sous l’effet de la hausse des coûts. Un excédent a été observé pour les sociétés financières, grâce à la vive activité des agents de placements et en matière d’investissement financier, alors que les marchés boursiers se renforçaient durant le trimestre.
Le taux d’épargne des ménages est en hausse, les revenus augmentant davantage que les dépenses
Le taux d’épargne des ménages a atteint 3,7 % au deuxième trimestre de 2026, la croissance du revenu disponible (+2,1 %) ayant été supérieure à la hausse des dépenses nominales des ménages (+1,7 %). Le taux d’épargne des ménages est agrégé sur l’ensemble des tranches de revenu. En général, les taux d’épargne sont plus élevés dans les tranches de revenu supérieures.
La croissance du revenu disponible au deuxième trimestre de 2026 est principalement attribuable à l’augmentation des salaires et traitements et des transferts gouvernementaux. La hausse des transferts gouvernementaux découle surtout d’un versement supplémentaire du crédit pour la TPS/TVH, effectué en juin dans le cadre de la transition vers l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels en juillet 2026.
Les revenus de placements nets (appelés « revenus nets de la propriété ») ont été stables au deuxième trimestre de 2026, après avoir reculé pendant trois trimestres consécutifs. Les revenus de placements reçus ont augmenté de 0,7 % et les revenus de la propriété payés ont progressé de 1,6 %, les intérêts hypothécaires et sur le crédit à la consommation ayant enregistré leur plus forte hausse depuis le deuxième trimestre de 2024 et ayant poursuivi l’inversion de la tendance à la baisse des intérêts versés.
En somme
Les données d’aujourd’hui appartiennent déjà au passé, datant d’avant le plus récent épisode de la guerre commerciale entre le les États-Unis et le Canada. Les nouveaux tarifs douaniers tant canadiens qu’américains ralentiront certainement le commerce entre les deux pays, affaiblissant l’activité économique et faisant grimper les prix intérieurs des deux côtés de la frontière.
La Banque du Canada tient sa prochaine réunion le 2 septembre. Elle maintiendra sans doute le taux directeur tel quel, à 2,75 %.