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28 Oct 2026

La Banque du Canada relève le taux directeur de 25 pb, à 2,5 % – c’est la première hausse depuis 2023.

La Banque du Canada porte le taux directeur à 2,5 %, affirmant qu’il en faudra peut-être plus

Aujourd’hui, la Banque du Canada a relevé le taux à un jour de 25 pb, à 2,5 %. Elle suit ainsi six autres banques centrales du G10 qui ont resserré la politique monétaire afin de combattre l’inflation. La Réserve fédérale américaine a augmenté le taux des fonds fédéraux lors de sa dernière réunion, et il faut s’attendre à ce qu’elle le fasse encore cet après-midi. Washington pourrait reporter la prochaine hausse après les élections de mi-mandat.

La décision de la Banque du Canada a été difficile, car les marchés du travail sont mous, et tant l’activité économique que l’inflation sont plus modérées qu’aux États-Unis. Le marché du travail a perdu des emplois pendant deux mois de suite, alors que certains secteurs souffrent des tarifs douaniers américains et de la réduction de l’immigration. Le gouverneur de la Banque du Canada Tiff Macklem craint que l’inflation pourrait rester au-delà de la cible pendant une période prolongée, et prévient que des hausses supplémentaires du coût des emprunts pourraient être nécessaires. La Banque estime que la plage neutre des taux d’intérêt est de 2 ¼ % à 3 ¼ %.

Cependant, les décideurs semblent maintenant moins s’inquiéter de certains risques de ralentissement. La Banque estime que les dommages découlant de l’escalade des tensions commerciales seront largement concentrés dans un petit nombre de secteurs.

Par ailleurs, la politique budgétaire aide aussi à protéger l’économie. Le gouvernement du premier ministre Mark Carney a réduit les taxes sur l’essence et, de même que le gouvernement de l’Ontario, a prévu des programmes d’aide pour les secteurs manufacturiers durement touchés par les tarifs. Nous en saurons davantage quand Ottawa présentera son budget le 5 novembre.

Tout au long des différends commerciaux, M. Macklem et la Banque ont soutenu que les gouvernements sont mieux en mesure d’aider les ménages, les industries et les régions souffrant le plus des tarifs. La banque centrale peut seulement déterminer les coûts d’emprunt à court terme, en fonction de la conjoncture économique générale.

Certaines provinces, comme l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique, subissent à la fois les tarifs et un ralentissement du marché du logement, tandis que des provinces riches en pétrole comme l’Alberta et la Saskatchewan profitent des prix majorés de l’énergie et des produits de base.

L’activité immobilière reste faible, et les prix continuent de fléchir dans certains marchés. Cependant, la première sous-gouverneure Carolyn Rogers a rappelé lors d’un récent discours que la banque centrale ne fixe pas les taux d’intérêt uniquement pour le marché du logement.

L’inflation globale s’est maintenue autour de 3 % depuis des mois, en raison des prix élevés de l’essence. L’inflation fondamentale est jusqu’à présent restée près de la cible de 2 % de la Banque, et il y a peu d’indications que les prix plus élevés de l’énergie se répercutent plus largement.

D’autres indices pourraient inquiéter les responsables si le conflit au Moyen-Orient continue. Selon les sondages de la Banque, les attentes des consommateurs quant à l’inflation à plus long terme ont augmenté légèrement, alors que les entreprises prévoient de plus en plus refiler à leurs clients les hausses des coûts des intrants.

En conférence de presse, « incertitude » semblait être le mot clé pour M. Macklem. Il l’a répété plusieurs fois.

En somme

La Banque du Canada a révisé ses prévisions comme suit :

  • La banque centrale a présenté des prévisions révisées indiquant une inflation bien plus importante : 3,5 % d’ici la fin de cette année. Les décideurs ne pensent pas arriver à leur cible de 2 % avant la mi-2028.
  • « L’argument principal pour une hausse du taux était que les prix de l’énergie sont plus élevés, qu’ils devraient le rester, et que les pressions sur les coûts s’intensifient », a affirmé le gouverneur Tiff Macklem dans une allocution.
  • La croissance économique paraît bien plus forte. Les responsables ont haussé leurs prévisions, s’attendant maintenant à ce que l’économie progresse de 1 % en 2026, puis accélère à 2 % en 2027 et 2028.

M. Macklem dit que la Banque a surtout porté attention à l’inflation depuis septembre, et il a insisté sur le degré élevé d’incertitude au Moyen-Orient et dans les relations canado-américaines ainsi que sur la rapidité avec laquelle ces événements se répercutent dans l’économie. Il affirme que les décisions futures ne sont pas prédéterminées, répétant qu’elles seront prises une réunion à la fois.

Le gouverneur de la Banque a noté que la décision de changer d’orientation a été difficile, et qu’il faut considérer la situation sous plusieurs angles. D’un côté, il y a la projection économique du Rapport sur la politique monétaire, indiquant que l’inflation est plus élevée et le restera plus longtemps. Pour lui, l’implication est assez claire : il y a moins de latitude pour offrir une détente. Cela étant, le Conseil de direction a convenu qu’une hausse de taux d’intérêt était appropriée. Il reste que les prévisions sont très incertaines.

Depuis quelques mois, M. Macklem constate que la situation des risques a changé : il paraît moins sûr que l’inflation sera maîtrisée. La hausse de taux d’aujourd’hui ressemble davantage à une « police d’assurance » qu’au début d’une série de hausses. La décision se fonde sur une plus forte croissance économique à venir, mais cette hypothèse sera mise à l’épreuve, surtout que le marché du travail montre encore des signes de faiblesse. La latitude de la Banque pour hausser encore les taux est limitée. Les conditions financières se sont déjà resserrées, et alors que les taux d’intérêt plus élevés ne peuvent pas pallier une perturbation de l’offre, ils peuvent affaiblir encore la demande.

Pour les taux d’intérêt, les banques centrales ont tendance à entamer leurs cycles avec des changements consécutifs. Il faudrait pour cela un affaiblissement de l’activité économique ou une inflation plus lente que prévu. Tout compte fait, nous croyons que la Banque du Canada haussera de nouveau le taux d’intérêt en décembre. Ce ne serait toutefois là que devancer les hausses que nous attendions au début de 2027.

Les communications indiquent clairement que la banque centrale tient à être prévoyante et à éviter la débâcle de 2022-2023, quand elle avait trop tardé à augmenter le taux directeur.

À noter : La source de cet article provient de SherryCooper.com/category/articles/

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Catégories: Perspectives économiques

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