Publié par Sherry Cooper
L’inflation de l’IPC au Canada atteint 2,8 % alors que les mesures de l’inflation fondamentale baissent.
L’inflation canadienne a atteint 2,8 % en avril, alors que l’inflation fondamentale s’approchait de la cible de 2 %
Ce matin, Statistique Canada a publié les données sur l’IPC en avril, révélant une hausse plus modeste que prévu de l’inflation globale. L’Indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 2,8 % d’une année à l’autre en avril, en hausse par rapport à l’augmentation de 2,4 % en mars.
La progression des prix de l’énergie, en particulier de l’essence, a contribué le plus à l’accélération. En avril, les prix de l’énergie ont grimpé de 19,2 % d’une année à l’autre, contre 3,9 % en mars. Les prix de l’essence ont continué leur hausse d’une année à l’autre en avril, le gain atteignant 28,6 %, contre 5,9 % en mars.
L’élimination de la tarification du carbone le 1er avril 2025 a entraîné une baisse mensuelle des prix de l’essence au cours de ce mois, ce qui a exercé une pression à la hausse sur la variation des prix d’une année à l’autre en avril 2026. En plus de l’important effet de glissement annuel, l’incertitude de l’approvisionnement découlant du conflit au Moyen-Orient et le passage aux mélanges d’été plus coûteux ont alimenté l’augmentation des prix. La suspension temporaire de la taxe d’accise fédérale sur le carburant, qui est entrée en vigueur le 20 avril, a modéré la hausse.
De même, les prix du mazout et des autres combustibles ont augmenté de 41,3 % d’une année à l’autre en avril, dans le contexte de la hausse des prix du pétrole associée au conflit au Moyen-Orient.
Le recul moins marqué d’une année à l’autre des prix du gaz naturel en avril (−2,4 %) par rapport à mars (−18,1 %) a également exercé une pression à la hausse sur les prix de l’énergie. Les prix du gaz naturel ont bénéficié de l’élimination de la tarification du carbone en avril 2025.
L’accélération de la croissance de l’IPC d’ensemble a été atténuée par la diminution des prix des voyages organisés d’une année à l’autre et le ralentissement de la croissance des prix des loyers.
L’IPC a progressé de 0,4 % d’un mois à l’autre en avril. Sur une base mensuelle désaisonnalisée, l’IPC s’est accru de 0,3 %.
Selon les mesures de l’inflation fondamentale, qui excluent les mouvements des prix plus volatils, les pressions haussières ont baissé, abstraction faite de l’énergie. Les mesures de l’inflation fondamentale privilégiées par la Banque du Canada ont ralenti le mois dernier. La moyenne des taux tronqué et médian est à 2,05 %, le niveau le plus bas depuis janvier 2021. Sans les aliments et l’énergie, l’inflation a baissé à 1,5 %, le niveau le plus bas depuis mars 2021.
L’augmentation de l’IPC moyen tronqué au Canada, qui est une mesure de l’inflation fondamentale, a baissé à 2,0 % en avril 2026. Il était à 2,2 % le mois précédent. Le marché prévoyait 2,1 %. L’IPC moyen tronqué au Canada était en moyenne à 2,10 % entre 1990 et 2026, avec un sommet de 5,70 % en juin 2022 et un creux record de 0,80 % en novembre 1997.
L’augmentation de l’IPC médian au Canada, qui est une mesure de l’inflation fondamentale, a baissé à 2,1 % en avril 2026. Il était à 2,3 % le mois précédent. Le marché prévoyait 2,2 %. L’IPC médian au Canada était en moyenne à 2,15 % entre 1990 et 2026, avec un sommet de 5,40 % en octobre 2022 et un creux record de 0,90 % en novembre 1997.
En somme
Les données d’aujourd’hui concordent avec notre opinion que les prix majorés de l’essence feront grimper l’inflation globale et réduiront le pouvoir d’achat des ménages. Cependant, ces pressions liées à une situation de guerre ne relanceront probablement pas des pressions inflationnistes systémiques. Certaines catégories, surtout les aliments et le logement, continuent de contribuer de façon disproportionnée à l’inflation, mais les pressions haussières plus générales s’atténuent en même temps que les conditions s’assouplissent sur le marché du travail.
Plus le détroit d’Ormuz restera fermé longtemps, plus les prix de l’énergie resteront élevés. Dans l’ensemble, les données d’avril confortent notre hypothèse que la Banque du Canada restera en retrait en 2026. La Banque continuera de surveiller attentivement les données sur les prix, promettant des hausses de taux d’intérêt si l’inflation grimpe et semble s’incruster.