Publié par Sherry Cooper
L’inflation annuelle atteint 1,9 % au Canada en juin; aux États-Unis, elle reste inférieure aux prévisions un cinquième mois de suite.
Le rapport d’aujourd’hui indique que l’inflation reste un problème, ce qui fera hésiter la Banque du Canada
L’augmentation des prix à la consommation a accéléré en juin pour la première fois en quatre mois. Les pressions sous-jacentes se sont raffermies, ce qui empêchera probablement la banque centrale de réduire les taux d’intérêt ce mois-ci.
L’inflation annuelle au Canada a augmenté à 1,9 % en juin, contre 1,7 % en mai, comme s’y attendait le marché. Malgré la hausse, l’inflation est restée sous le point milieu de la cible de la Banque du Canada, 2 %, un troisième mois consécutif.
La croissance de l’inflation globale s’est accélérée, les prix de l’essence ayant diminué dans une moindre mesure en juin (-13,4 %) qu’en mai (-15,5 %). De plus, la croissance plus marquée des prix de certains biens durables, comme les véhicules automobiles et les meubles, a exercé une pression à la hausse sur l’IPC en juin.
Les prix des aliments achetés en magasin ont progressé de 2,8 % d’une année à l’autre en juin, après avoir augmenté de 3,3 % en mai.
D’une année à l’autre, l’IPC sans l’énergie (+2,7 %) est demeuré plus élevé que l’IPC en juin, en partie en raison de l’élimination de la tarification du carbone en avril.
Sur une base mensuelle, l’IPC a progressé de 0,1 % en juin. Sur une base mensuelle désaisonnalisée, l’IPC a augmenté de 0,2 %.
Les deux mesures de l’inflation fondamentale privilégiées par la Banque du Canada ont augmenté légèrement, atteignant en moyenne 3,05 % contre 3 % en mai et surpassant les projections médianes des économistes. La moyenne mobile sur trois mois du taux sous-jacent annualisé a grimpé à 3,39 %, contre 3,01 % précédemment.
Autre signe important de pressions haussières plus fermes, la part des composantes du panier de l’IPC qui augmentent de 3 % ou plus est de 39,1 %, contre 37,3 % en mai. C’est un indicateur que les décideurs de la banque centrale surveillent attentivement.
En somme
Le tableau ci-dessous, créé par nos amis de Mortgage Logic News, indique que les données économiques canadiennes ont été en moyenne meilleures que prévu ces dernières semaines. Le rapport de juin sur l’emploi l’avait déjà montré. Cela étant, la Banque du Canada laissera sans doute les taux tels quels le 30 juillet, pour une troisième réunion de suite. L’économie canadienne semble supporter la tempête des tarifs douaniers mieux que prévu, du moins pour le moment.
Nous nous attendons à une évolution négative de la croissance du PIB au T2, mais le retour d’une tendance positive au T3 est possible, ce qui écarterait la récession redoutée au Canada.
Aux États-Unis, les données publiées aujourd’hui révèlent que l’inflation de l’indice principal des prix était plus faible que prévu en juin. Des baisses de prix des automobiles ont aidé à compenser les augmentations liées aux tarifs douaniers d’autres éléments du panier des biens de consommation.
Les données sur l’inflation aux États-Unis pourraient amener le président Trump à presser d’autant plus la Réserve fédérale de baisser les taux d’intérêt. Bien que certains responsables aient exprimé une disposition à réduire les taux lors de la prochaine réunion de la banque centrale dans deux semaines, les décideurs restent généralement partagés quant à savoir si les tarifs douaniers causeront un choc ponctuel sur les prix, ou s’ils auront un effet plus persistant. Ils laisseront les taux où ils sont pour le moment.