Publié par Sherry Cooper
Les ventes résidentielles au Canada ont augmenté de 0,5 % d’un mois à l’autre en juillet, alors que les nouvelles inscriptions continuaient de baisser.
L’activité sur le marché de l’habitation a de nouveau accéléré en juillet, tandis que les nouvelles inscriptions ralentissaient et que les prix augmentaient légèrement pour la première fois en presque deux ans.
Selon les données que l’Association canadienne de l’immeuble (ACI) a publiées ce matin, le marché canadien de l’habitation a continué de s’améliorer en juillet. Les ventes résidentielles ont augmenté de 0,5 % d’un mois à l’autre. C’est le quatrième mois consécutif en hausse.
« À l’échelle nationale, les résultats de juillet ont été pratiquement identiques à ceux de juin, avec des ventes résidentielles en légère hausse, des inscriptions en baisse et des prix demeurant stables, a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI. Ce qui est le plus intéressant ces derniers mois, ce sont les tendances que révèlent les chiffres nationaux, où les marchés à travers le pays reviennent globalement vers un équilibre. C’est le cas dans les Prairies, au Québec et sur la côte Est, où la plupart des marchés favorables aux vendeurs se sont progressivement refroidis au cours de l’année écoulée. Plus récemment, cela s’est également vérifié sur les marchés du Lower Mainland, en Colombie-Britannique, et du Grand Golden Horseshoe, en Ontario, où les marchés qui étaient auparavant des marchés d’acheteurs ou des marchés à la limite de ceux-ci sont en grande partie revenus à un équilibre. »
Nouvelles inscriptions
En juillet 2026, les nouvelles inscriptions ont encore reculé, cette fois de 1,6 % d’un mois à l’autre, ce qui marque une troisième baisse consécutive.
Compte tenu de la légère hausse des ventes enregistrée en juin, le ratio national des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions s’est resserré pour s’établir à 51,3 % en juillet, se rapprochant de la moyenne à long terme du ratio national des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions, qui est de 54,7 %. On parle normalement d’un marché de l’habitation équilibré lorsque le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions se situe entre 45 et 65 %.
« L’évolution actuelle vers un équilibre plus normal entre l’offre et la demande sur tant de marchés à travers le Canada est une bonne nouvelle pour les acheteurs, que ce soit parce qu’ils n’ont plus à craindre une dépréciation de leur nouvelle propriété ou parce qu’ils ne se sentent plus contraints de prendre une décision en raison d’offres concurrentes, a déclaré Garry Bhaura, président de l’ACI. Où que vous soyez au Canada, on peut s’attendre à ce que la stabilisation du marché de l’habitation continue d’inciter les acheteurs à se lancer dans l’achat. »
À la fin de juillet 2026, 205 388 propriétés étaient inscrites à la vente dans l’ensemble des systèmes MLS® au Canada, ce qui représente une hausse de seulement 0,6 % par rapport à la même période l’année dernière, et un résultat de 1,5 % supérieur à la moyenne à long terme pour cette période de l’année. L’offre globale évolue à un niveau stable et se situe très près des niveaux moyens depuis plus d’un an maintenant.
On comptait 4,7 mois d’inventaire à l’échelle nationale à la fin de juillet 2026. Cette donnée est la plus basse enregistrée jusqu’à présent en 2026, et demeure légèrement en dessous de la moyenne à long terme pour cet indicateur, soit 5 mois. Sur la base d’un écart-type au-dessus et au-dessous de cette moyenne à long terme, un marché favorable aux vendeurs serait inférieur à 3,6 mois et un marché favorable aux acheteurs serait supérieur à 6,4 mois.
À l’exception de la Saskatchewan, du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve-et-Labrador, qui restent des marchés légèrement favorables aux vendeurs, les autres provinces ont vu leur nombre de mois d’inventaire se rapprocher des moyennes à long terme au cours des derniers mois. Il convient notamment de noter que même en Ontario, le nombre de mois d’inventaire ne dépassait la moyenne que d’environ un demi-écart-type en juillet, après avoir connu une situation de marché favorable aux acheteurs pendant les quatre premiers mois de 2026.
Prix des maisons
L’Indice des prix des propriétés ML
S® (IPP MLS®) composé national a augmenté légèrement de 0,1 % de juin à juillet, ce qui marque la première hausse de cet indicateur depuis novembre 2024.
L’IPP MLS® composé national (non désaisonnalisé) est en baisse de 3,3 % par rapport à juillet 2025. Les baisses enregistrées d’une année à l’autre s’atténuent depuis janvier, le chiffre de juillet 2026 marquant la plus faible baisse depuis octobre 2025.
En somme
La brève ouverture du détroit d’Ormuz a entraîné une forte baisse des prix pétroliers et des taux d’intérêt du marché. Hélas, l’ouverture n’a pas duré, la guerre ayant repris de plus belle.
L’économie du Canada semble prendre de l’élan malgré la guerre commerciale avec les États-Unis, son plus grand partenaire commercial. Le mois passé, le taux de chômage était à son plus bas niveau depuis deux ans. Les plus récentes données sur le produit intérieur brut laissent entrevoir une croissance annuelle rebondissant à 3,4 % au deuxième trimestre, ce qui est supérieur à l’estimation précédente de la banque centrale.
L’inflation a augmenté légèrement en juillet, mais la hausse des prix de l’essence n’a pas entraîné une augmentation généralisée des pressions sur les prix. Nous croyons que la Banque du Canada laissera de nouveau les taux tels quels lors de sa réunion du 2 septembre.
Cependant, au sud de la frontière, les rendements des bons du Trésor à long terme ont été gonflés par la concurrence des énormes émissions d’obligations d’entreprises finançant des projets d’hyper-IA.
Lundi, le rendement des obligations du Trésor américain sur 30 ans a dépassé les 5,3 % pour la première fois depuis la veille de la crise financière mondiale de 2007. La tendance est semblable à l’échelle mondiale. Au Japon, les rendements sur 30 ans ont dépassé les 4 % alors qu’ils ne les avaient jamais atteints en 27 ans d’histoire. Au Royaume-Uni, les titres d’État équivalents sont à leur plus haut depuis 1998. La hausse des rendements à long terme ont fait grimper les taux hypothécaires au Royaume-Uni, en Europe et au Japon.
Certes, la pression haussière est en partie attribuable aux attentes d’inflation, mais trois autres facteurs y contribuent : les déficits budgétaires prévus; l’émission d’obligations d’entreprises pour l’IA; et l’évolution du profil des acheteurs de bons du Trésor. Comme les entreprises émettent d’énormes montants de dette pour financer les investissements dans l’IA, les bons du Trésor à long terme doivent offrir un meilleur rendement. En même temps, les déficits budgétaires croissants créent un problème persistant.
Le Canada jouit d’une situation fiscale loin d’être aussi mauvaise qu’aux États-Unis, mais il ne peut pas entièrement éviter la pression haussière sur les taux du marché.