Le sondage sur le marché du travail d’août écarte une hausse de taux de la Banque du Canada.
La faiblesse du rapport sur l’emploi au Canada en août écarte un resserrement de la Banque du Canada — l’inverse est probable pour la Réserve fédérale
L’emploi au Canada a diminué de 41 700 en août, effaçant une partie de l’élan observé sur le marché du travail au cours des derniers mois, alors que le secteur manufacturier a été le seul à enregistrer une hausse significative. Le taux d’emploi a reculé de 0,1 point de pourcentage pour s’établir à 60,8 %. Le taux d’emploi en août était comparable à celui enregistré au début de l’année et supérieur de 0,3 point de pourcentage à celui d’août 2025.
Le taux de chômage est demeuré stable à 6,4 %, tandis que les pertes d’emplois se sont concentrées en Ontario et au Québec, a rapporté Statistique Canada vendredi.
L’emploi a diminué chez les jeunes de 15 à 24 ans (-19 000; -0,7 %) et a légèrement reculé (-16 000; -0,1 %) chez les personnes du principal groupe d’âge actif (25 à 54 ans).
Même si le taux de chômage global est demeuré inchangé en août, il a augmenté chez les hommes du principal groupe d’âge actif (+0,2 point de pourcentage pour atteindre 6,0 %) et diminué chez les femmes du même groupe (-0,2 point de pourcentage pour s’établir à 5,0 %). Le taux de chômage a peu varié chez les jeunes (12,9 %) et chez les personnes de 55 ans et plus (5,1 %).
L’emploi a diminué dans les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutien (-20 000; -2,8 %), les administrations publiques (-8 800; -0,7 %), les ressources naturelles (-7 700; -2,3 %) et les services publics (-5 600; -3,5 %), tandis qu’il a augmenté dans le secteur manufacturier (+22 000; +1,2 %).
L’emploi a diminué au Québec (-19 000; -0,4 %) et a légèrement reculé en Ontario (-18 000; -0,2 %), les deux provinces les plus durement touchées par les tarifs douaniers américains. L’emploi a augmenté au Nouveau-Brunswick (+2 400; +0,6 %) et a peu varié dans les autres provinces.
Le salaire horaire moyen des employés a augmenté de 2,0 % (+0,71 $ pour atteindre 37,02 $) sur 12 mois en août, après une croissance de 2,8 % en juillet (données non désaisonnalisées).
Le taux de chômage est demeuré inchangé à 6,4 % en août. Cette stabilité fait suite à trois baisses mensuelles consécutives en mai, juin et juillet, totalisant 0,5 point de pourcentage.
Parmi les 1,5 million de personnes au chômage en août, 24,0 % étaient en chômage de longue durée, c’est-à-dire qu’elles cherchaient continuellement du travail depuis 27 semaines ou plus. Cette proportion était semblable à celle d’août 2025 (23,0 %) et demeurait supérieure à la moyenne prépandémique de COVID-19 de 17,1 % enregistrée de 2017 à 2019.
Le taux de mises à pied s’est établi à 0,8 % en août, légèrement sous le taux de 1,0 % observé 12 mois plus tôt et semblable au taux moyen de mises à pied (0,9 %) enregistré pour les mois correspondants de 2017 à 2019 (données non désaisonnalisées). Le taux de mises à pied correspond à la proportion de personnes devenues chômeuses à la suite d’une mise à pied entre juillet et août.
Les industries qui dépendent de la demande américaine pour leurs exportations continuent de faire face à un contexte économique incertain, auquel s’ajoute l’imposition récente de nouveaux tarifs douaniers américains sur les exportations canadiennes. Au cours des 12 mois se terminant en août, le taux de mises à pied s’est établi en moyenne à 0,9 % chez les travailleurs des industries dépendantes de la demande américaine pour leurs exportations. À titre de comparaison, ce taux était de 0,7 % dans les autres industries au cours de la même période.
Le taux d’activité — soit la proportion de la population âgée de 15 ans et plus qui occupait un emploi ou qui cherchait du travail — a diminué de 0,1 point de pourcentage pour s’établir à 65,0 % en août, annulant une hausse de même ampleur en juillet. Sur 12 mois, le taux d’activité a peu varié.
L’emploi a diminué dans les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutien (-20 000; -2,8 %), les administrations publiques (-8 800; -0,7 %), les ressources naturelles (-7 700; -2,3 %) et les services publics (-5 600; -3,5 %) en août. Malgré ces baisses mensuelles, l’emploi dans ces quatre industries a peu varié sur 12 mois.
Le secteur manufacturier (+22 000; +1,2 %) a été le seul à enregistrer une hausse significative de l’emploi en août, la majeure partie de cette hausse (+14 000; +1,7 %) ayant eu lieu en Ontario. Sur 12 mois, l’emploi dans ce secteur est demeuré essentiellement inchangé, la hausse d’août ayant compensé les baisses antérieures.
Au cours des 12 mois se terminant en août, la croissance de l’emploi s’est concentrée dans les soins de santé et l’assistance sociale (+129 000; +4,5 %), l’information, la culture et les loisirs (+49 000; +5,9 %) ainsi que le transport et l’entreposage (+47 000; +4,4 %). À l’inverse, le commerce de gros et de détail (-55 000; -1,8 %) a enregistré la plus forte baisse parmi les industries au cours de la même période.
La croissance sur 12 mois du salaire horaire moyen ralentit pour un deuxième mois consécutif
Le salaire horaire moyen des employés en août a augmenté de 2,0 % (pour atteindre 37,02 $) sur 12 mois, après des hausses de 2,8 % en juillet et de 3,3 % en juin (données non désaisonnalisées).
La croissance sur 12 mois du salaire horaire moyen est demeurée vigoureuse pendant la période postpandémique, s’établissant en moyenne à 4,9 % en 2023 et en 2024, avant de ralentir à une moyenne de 3,4 % en 2025. La croissance des salaires en août 2026 a été la plus faible depuis novembre 2017 (où elle s’établissait également à 2,0 %), si l’on exclut l’année 2021, durant la pandémie de COVID-19.
En août, la croissance des salaires sur 12 mois a été plus faible chez les employés moins bien rémunérés. Chez les employés faisant partie du quart inférieur de la répartition des salaires, le salaire horaire moyen a augmenté de 1,1 % (pour atteindre 18,66 $) sur 12 mois, tandis qu’il a progressé de 1,3 % (pour atteindre 26,61 $) chez les employés du deuxième quart inférieur. En comparaison, les salaires ont augmenté plus rapidement chez les employés du troisième quart (+2,1 % pour atteindre 37,99 $) et du quart supérieur (+2,1 % pour atteindre 65,15 $).
En somme
Dans une publication distincte ce matin, le rapport américain sur l’emploi non agricole a fait état d’une vigueur exceptionnelle, en contraste direct avec le rapport canadien sur l’emploi. Les États-Unis ont créé 162 000 emplois nets, soit environ trois fois l’estimation consensuelle. Le rapport comprenait également des révisions à la hausse pour les mois précédents. Les salaires ont aussi progressé, mais leur croissance demeure inférieure à l’inflation annualisée. Le taux de chômage est resté à 4,1 %. Le taux d’activité a augmenté, et la vigueur du rapport a alimenté les paris sur une hausse du taux directeur de la Fed en septembre, lorsque le FOMC se réunira de nouveau les 15 et 16 septembre.
La Banque du Canada devrait vraisemblablement rester sur la touche, puisque l’inflation est plus faible au Canada et que l’économie demeure vulnérable à un ralentissement plus généralisé, particulièrement si l’administration Trump impose des tarifs douaniers encore plus élevés le 1er janvier, comme elle menace actuellement de le faire.